La Lettre n°100 de Jean-Pierre
Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°50/2008 -
La crise internationale : un mal pour un bien
Vous connaissez très certainement ce proverbe ancien qui énonce « qu’à
toutes choses malheur est bon ». Depuis quelques semaines maintenant, je
me demande s’il ne s’appliquera pas à la grave crise financière et
économique à laquelle le monde entier est confronté depuis plusieurs
mois maintenant.
S’il est naturellement bien trop tôt pour retenir tel ou tel
enseignement de la crise, il en existe au moins un qui me semble s’en
dégager dès à présent : le rôle de la puissance publique.
Force est de reconnaître que sans l’aide financière massive des états,
la crise n’aurait pas pu être jugulée dans les conditions où elle l’a
été. Si les exécutifs avaient laissé aux marchés le soin de
s’autoréguler, non seulement le facteur temps eut été différent mais les
conséquences sur l’ensemble des économies réelles eurent été bien plus
graves pour la plupart des pays, notamment en terme de destruction
d’emplois.
Chaque fois que les états ont été confrontés à de graves crises
économiques, financières et sociales, les exécutifs ont été sollicités
et ont répondu présent. S’agissant plus particulièrement de notre pays,
il s’est distingué par le biais de ce que l’on a appelé la planification
à la française. Elle est apparue au sein du Comité Français de
Libération Nationale qui siégeait à Alger pendant la seconde guerre
mondiale. De 1947 à 1992,
Sans pour autant prôner un retour strict à la planification conçue par
Jean Monnet et développée au cours des cinquante années qui suivirent,
la situation économique internationale actuelle offre aux différents
responsables politiques une opportunité pour renforcer significativement
le rôle de l’Etat (y compris les collectivités territoriales). Cette
« action » pourrait s’effectuer en intervenant sur deux niveaux :
-
définir des priorités dans le cadre de la conception et de la
réalisation de projets économiques d’envergure tels que la construction
de centrales électriques, de lignes de TGV, de liaisons autoroutières,…
en partenariat avec les différents acteurs du secteur privé ;
-
s’assurer de la bonne utilisation des fonds publics qui ont
été ou seront mis à la disposition des différents acteurs économiques et
financiers.
La nomination par le Président Sarkozy d’un ministre chargé de suivre la
réalisation effective des décisions prises par l’Etat est une bonne
chose car elle s’inscrit dans notre perspective.
Il faut souhaiter que lorsque apparaîtront des jours meilleurs, la
sphère politique aura conservé à l’esprit toute la genèse de cette grave
crise économique et financière, afin qu’elle ne puisse pas se reproduire
(au moins dans les mêmes termes) et que tous les enseignements en soient
tirés. Il y a là une importante occasion pour l’Etat de redéfinir
certaines de ses prérogatives, soulignant ainsi l’impact significatif
qui est le sien en termes macro économiques.
Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.
Achevée le 12 décembre 2008.