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La Lettre n°102 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaines n°01&02/2009 -

L'émergence d'un monde nouveau

 

              A l’occasion de la traditionnelle présentation des vœux aux Français, le Président de la République à quelque peu étonné son large auditoire en choisissant de parler, entre autres choses, de l’émergence d’un monde nouveau.

              Le chef de l’Etat a eu raison d’appréhender cette question fondamentale. En effet, il s’agit-là d’une des grandes problématiques qui caractérisera, avec quelques autres, l’environnement quotidien de chacun d’entre nous au cours des prochaines décennies. Tous les domaines de notre vie quotidienne s’en trouvent déjà affectés. Ils le seront encore demain et bien davantage après demain.

              Le propos du Président est d’autant plus judicieux qu’il a le mérite d’ouvrir un débat majeur. Jusque là, les profondes transformations économiques, sociales, politiques et culturelles qui se produisaient étaient le plus souvent imputées à des conflits armés ou à ce que l’on avait coutume d’appeler « des changements d’époque », montrant ainsi que les règles de vie qui prévalaient pour une jeune adolescente étaient différentes de celles qu’avait connu sa propre mère et, davantage encore, sa grand-mère voire son arrière grand-mère ! Quant Nicolas Sarkozy parle de l’émergence d’un monde nouveau, il place le degré de son analyse à un tout autre niveau de réflexion.

              En effet, parler d’émergence et donc de construction d’un monde nouveau, cela équivaut à se projeter sa perspective politique à plusieurs décennies. C’est commencer à esquisser l’architecture politique, économique, financière, sociale et culturelle du monde qui devrait prévaloir dans la seconde moitié du 21ème siècle :

-          l’organisation géopolitique du monde et les zone-monde qui le caractériseront ;

-          la gestion par un nombre restreint de responsables politiques, des questions à caractère mondial, réunis au sein d’une instance internationale représentant l’ensemble des nations ;

-          la définition et le rôle des organismes à vocation internationale : ONU, FMI, OMC…

              La grave crise financière et économique à laquelle sont confrontés aujourd’hui tous les pays du monde nous montre, par sa complexité et son étendue, que l’époque où les crises étaient traitées à l’intérieur de chaque pays est à présent révolue. Désormais, une crise de cette ampleur est traitée au niveau planétaire, car il ne peut pas en être autrement. C’est l’expression lisible de l’existence de ce que nous avons désormais coutume d’appeler la mondialisation. Pour s’en convaincre, il n’est que de comparer, si tant est que cela soit possible, la manière dont a été traitée la crise de 1929 avec celle que nous traversons depuis l’été 2007. Faut-il rappeler qu’entre l’effondrement des marchés en octobre 1929 et la présentation du plan de relance du Président Roosevelt, il s’est écoulé quatre années ! Enfin, les remèdes qui ont été apportées alors par les différents responsables politiques l’ont été sans concertation significative entre les principales nations.

              Le fait que le Président ait commencé à appréhender cette question fondamentale de manière ouverte est l’expression lisible d’une réelle prise de conscience. Elle préfigure une longue et large réflexion qui concernera chacun d’entre nous, en France et dans le reste du monde et qui, demain, donnera naissance à une forme de gouvernance restreinte du monde.

 

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 10 janvier 2009.