La Lettre n°105 de Jean-Pierre
Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°05/2009 -
La fin de la crise : à quelles conditions ? (1)
Si l’on sait que la crise à laquelle le monde est aujourd’hui confronté
connaîtra un jour une fin, en revanche nul n’en connaît ni ne peut en
prévoir la date. Les conditions qui permettront cette reprise sont à la
fois multiples et diverses. Parmi elles, trois s’avéreront un jour
déterminantes lorsqu’elles seront réunies :
-
les bilans comptables des entreprises sains et
incontestables ;
-
les banques qui exercent pleinement leur rôle auprès des
entreprises et des particuliers dans leurs investissements ;
-
le retour de la confiance.
La crise économique actuelle est, pour une large part, synonyme de
manque de confiance. Le comportement des ménages est à ce propos
particulièrement révélateur. Observons la chute marquée des transactions
immobilières, sur le marché du neuf comme sur celui de l’ancien. Hormis
le cas des personnes qui décident de faire aujourd’hui l’acquisition
d’un bien immobilier pour en faire leur résidence principale, de très
nombreux autres investisseurs potentiels ont choisi, pour l’heure, de
rester à l’écart du marché. La plupart d’entre eux ayant conservé toute
leur capacité de remboursement d’emprunt, s’ils ne se positionnent pas
sur ce secteur c’est parce qu’ils ont intégré le fait que le coût de
l’investissement qu’ils pourraient effectuer aujourd’hui, est
susceptible de se révéler demain supérieur à celui qu’ils projettent de
réaliser plus tard, c’est à dire quand le marché de l’immobilier sera
assaini et stabilisé. Par cet exemple simple, on mesure à la fois la
nature et les conséquences de l’absence « momentanée » d’investisseurs
dans ce secteur clé de l’économie d’un pays comme
S’agissant
du comportement des banques et leur prudence accrue depuis le début de
la crise financière, on sait que si elles ne remplissent plus ou moins
leur rôle de création de monnaie par le biais des investissements
effectués par les entreprises et les particuliers, c’est essentiellement
par manque de confiance. La circulation de monnaie s’en trouve
directement atteinte, entraînant les conséquences que nous observons
depuis plusieurs mois, en terme d’activité économique et donc d’emploi.
Le retour de la confiance au sein des exécutifs bancaires sera une des
trois conditions nécessaires à la sortie de la crise.
Quant aux entreprises, il est absolument indispensable qu’elles
présentent des bilans qui soient le reflet exact de leur situation, tant
en termes comptables qu’en terme d’activité, c’est à dire du volume de
leur carnet de commandes. Cela aura pour premier effet de rassurer les
différents acteurs du marché. La confiance constitue un élément
fondamental dans tout projet d’investissement, qu’il s’agisse de
l’amélioration ou de l’accroissement de l’outil de production, en
interne comme en croissance externe. Ici, plus encore qu’ailleurs, le
couple entreprise/banque est fondamental en terme de croissance et de
développement pour la première.
Nul ne sait quand prendra fin cette grave crise économique et financière
internationale. Nul ne sait dans quel état se trouveront alors les
finances publiques de l’ensemble des pays du monde, le plus grand comme
le plus petit. Enfin et surtout, nul ne sait quels seront alors les
dégâts en terme de destructions d’emplois. Cependant, une chose est
certaine : les graves évènements économiques et financiers que connaît
le monde, sont les signes visibles de la caractéristique majeure du
début de ce 3ème millénaire. Ils sont la traduction d’un
moment significatif de l’histoire de l’Humanité : celui de l’émergence
d’un monde nouveau, à l’instar de ce qui s’est déroulé lorsque
(a) « France : une ambition pour un monde nouveau ».
Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.
Achevée le 01 février 2009.