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La Lettre n°106 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaines n°06 & 07/2009 -

Fin de la crise : à quelles conditions ? (2)

 

              Les conditions qui permettront un jour une issue favorable à la grave crise à laquelle le monde est aujourd’hui confronté, sont à la fois nombreuses et diverses : l’ouverture des frontières, la libre circulation des personnes et des capitaux, l’accroissement significatif des échanges commerciaux, notamment en direction des pays émergents, une aspiration naturelle au « mieux vivre » exprimée par un nombre sans cesse croissant d’individus…

              Par delà ces mêmes raisons et pour bien d’autres encore, l’ensemble des responsables politiques, économiques et financiers en charge des cette difficile question doivent faire preuve de beaucoup d’humilité. Ils doivent notamment prévenir leurs interlocuteurs que cette crise est aussi et surtout l’une des expressions de la fin d’une longue période de l’histoire de l’humanité, commencée voilà cinq siècles, lorsque a pris fin le Moyen Age. La seconde guerre mondiale suivie de la décolonisation, la grave crise économique et financière engendrée par les deux chocs pétroliers de 1973 et de 1979, la chute du Mur de Berlin en 1989 et celle de l’empire soviétique en 1991, les attentats du 11 septembre 2001, sont quelques uns des grands faits annonciateurs de la fin d’une ère, celle d’une certaine conception de l’organisation du monde

              La crise actuelle, tant par son ampleur que par sa profondeur, affecte de manière significative et durable le fonctionnement des appareils économiques et financiers de chaque pays. Elle se révèlera un jour comme ayant été un important facteur d’accélération de la profonde mutation qui est engagée depuis plusieurs décennies. Nous devons comprendre qu’en disparaissant, un monde est entrain de donner naissance à un autre. (a)

              Aujourd’hui, personne n’est réellement en capacité de pouvoir mesurer l’ampleur et la profondeur de cette crise, ni prévoir quand elle prendra fin. Enfin et surtout, personne ne peut prévoir les conséquences qu’elle entraînera et c’est probablement là que réside toute la complexité de cette question. Sans aller jusqu’à parler d’un « avant » et d’un « après » crise, il semble acquis qu’un certain nombre de règles s’en trouveront probablement changées, le fonctionnement des institutions financières et leurs rapports avec les exécutifs nationaux, par exemple.

              Quelle que soit sa durée, elle a entraîné dès à présent de très nombreuses conséquences : aggravation des déficits publics, besoins de financement des institutions financières, baisse des valeurs boursières, hausse du chômage, augmentation de la précarité sociale, accentuation du protectionniste, diminution de la demande de matières premières et de produits finis, diminution des produits intérieurs bruts… A l’inverse, on observe des changements positifs à certains égards : la baisse de la production de produits pétroliers, la diminution des émissions de produits polluants, l’augmentation de la propension marginale de l’épargne, la diminution de l’inflation, la baisse des rendements obligataires… Autant de changements qui caractérisent une crise planétaire, puisque aucun pays n’est épargné.

              Si l’on compare la réaction des populations aujourd’hui face à la crise avec celle qui a prévalu dans le courant des années 70 au moment de l’apparition des deux chocs pétroliers, on remarque qu’elles ne sont pas identiques et à bien des égards. Cependant, une observation s’impose. Si la crise énergétique d’alors a touché tous les pays du monde, elle a été « traitée » par un nombre relativement restreint de responsables politiques, économiques et financiers : Etats Unis, Japon, RFA, France, Royaume Uni, pays membres du Marché Commun, Banques centrales, FMI, pour l’essentiel. Aujourd’hui, bien que différente à l’origine, elle est non seulement « traitée » par les mêmes acteurs qu’hier mais aussi par de nombreux autres qui les ont rejoint et non des moindres (Chine, Brésil, Inde…). Cela s’appelle la mondialisation, c’est à dire la gestion à l’échelle planétaire de questions majeures.

 

(a) « France : une ambition pour un monde nouveau » paru aux éditions La Compagnie Littéraire.

 

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 14 février 2009.