La Lettre n°107 de Jean-Pierre
Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°08/2009 -
Les plans de capitalisation : l'heure de vérité ?
Le premier trimestre est la période de l’année au cours de laquelle
l’ensemble des sociétés d’assurance adressent à chacun de leurs assurés
un relevé annuel de leur plan de capitalisation. Pour beaucoup de
souscripteurs, c’est à ce moment là qu’ils mesurent concrètement la
performance de leur contrat d’assurance au cours de l’année écoulée.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, beaucoup d’assurés ne
suivent pas régulièrement la position de leur contrat d’assurance et ce
pour plusieurs raisons :
-
c’est un placement effectué dans une perspective de détention
à long terme, avec un objectif principal de transmission du capital ;
-
ils s’en remettent à leur interlocuteur (agent général,
conseiller clientèle ou CGIP) pour la structuration et la gestion de
leur contrat ;
-
ils ne sont pas sensibilisés aux évolutions des marchés
financiers ou ne mesurent pas toujours à la fois la profondeur et les
conséquences d’une crise financière internationale, comme celle que nous
connaissons depuis dix huit mois.
C’est la raison pour laquelle les personnes qui présentent ces profils
et d’autres encore, seront tout particulièrement surprises voire
davantage d’enregistrer une perte qui peut être substantielle, si une
partie de leur capital est placé en UC (Unité de Compte). Seules les
personnes qui ont cantonné leurs avoirs sur des fonds exclusivement en
euros, ont connu une progression positive de l’ordre de 3,5 à 4% net.
Pour les autres, le résultat est d’une toute autre dimension.
Les rendements moyens 2008 des unités de compte en actions (source
EuroPerformance-Six Telekurs) s’établissent de la manière suivante :
-
Fonds actions françaises : - 39,15% ;
-
Fonds actions Euroland : - 42,70% ;
-
Fonds actions européennes : - 43,05% ;
-
Fonds actions internationales : - 42,39% ;
-
Fonds actions amérique : - 35,55% ;
-
Fonds Asie/Pacifique : - 40,80%.
On imagine sans difficulté la perte enregistrée sur un contrat dont une
fraction est libellée en unités de compte. Prenons le cas de Monsieur
Dupont qui a souscrit il y a plusieurs années un contrat d’assurance par
capitalisation auprès d’un agent général et qui, au 1er
Janvier 2008 possédait la somme de 100 000 euros, 25% étaient libellés
en unités de compte (actions Euroland). Le relevé de situation qu’il
vient de recevoir est libellé de la manière suivante (rendement brut) :
. Valeur nette du contrat au 01/01/2008 : 100 000 euros
(dont 25 000 euros en uc) ;
. Evolution du capital entre le 01/01/2008 et le
31/12/2008 :
25 000 euros x – 42,70% = - 10 675 euros.
75 000 euros x 4% = + 4 000 euros.
. Valeur brute au 01/01/2009 = 93 325 euros, soit une
perte annuelle brute de 6 675 euros, environ 7% du capital initial.
Nonobstant le fait que « les performances passées n’augurent en rien des
performances futures », le fait que Monsieur Dupont s’en remette
entièrement à son interlocuteur pour qu’il définisse la manière de
structurer l’épargne disponible sur son contrat de capitalisation,
amplifie de fait la responsabilité de l’agent général ou du conseiller
clientèle et donc d’une certaine manière, celle de la société
d’assurance ou de la banque, en période de crise.
Gageons que les sociétés d’assurance, les banques et l’ensemble de leurs
représentants auront la sagesse de mesurer la responsabilité qui est la
leur dans une période de volatilité des marchés, expression d’une crise
profonde et durable.
Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.
Achevée le 21 février 2009.