La Lettre n°109 de Jean-Pierre
Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°10/2009 -
Le G20 : un premier rendez-vous planétaire (1)
Ce premier sommet international qui réunira le 2 avril prochain à
Londres les 20 principales nations du monde constituera, à l’évidence,
une première. Le fait que cette rencontre ait lieu au moment où le monde
est confronté à la plus grave crise économique et financière de son
histoire, constitue un élément de pression supplémentaire qui pèsera sur
les épaules de tous les participants, afin que cette première rencontre
se révèle un jour comme une réussite aux yeux de l’Histoire.
L’organisation et le fonctionnement du monde se mutualisent chaque jour
davantage puisque les questions majeures sont traitées, chaque jour
davantage, de manière collégiale, en raison de leur ampleur et de leur
complexité. C’est précisément dans cette perspective que s’inscrira le
sommet de Londres qui a l’ardente obligation de réussir, compte tenu de
la nature de l’environnement international qui prévaut désormais. Quels
sont les axes d’intervention majeurs de nature à être porteurs pour
l’avenir. J’en distingue quatre :
-
être unanimes sur l’état de l’économie mondiale vingt mois
après le début de la crise immobilière aux Etats Unis ;
-
être unanimes sur le diagnostic du traitement à apporter à la
crise afin de parvenir à une éradication définitive et durable des
différents maux dont elle souffre, en prolongeant l’action dans le
temps ;
-
réfléchir aux structures politiques, juridiques et financières
internationales à conserver, à réformer ou à créer, afin de permettre et
de rendre lisible un début de gouvernance mondiale pour les questions à
caractère majeur : économie, environnement, sécurité, population ;
-
être à la fois ambitieux sur les projets majeurs et
volontaristes sur les objectifs fixés, dans une perspective de temps à
la fois à court terme pour éradiquer la crise actuelle et à long terme
pour accompagner l’émergence du monde nouveau qui prévaudra au-delà du
milieu de ce siècle.
Parce qu’il s’agit d’une première, il n’est pas à exclure que
différences significatives puissent apparaître. L’important sera d’en
limiter le nombre et surtout que puisse émerger une réelle volonté de
surmonter ces différences. J’ai la faiblesse de penser que d’autres
réunions du G20 seront nécessaires pour parvenir, autant que faire se
peut, à ce que les économistes appellent un « fine tuning ». Par delà
les déclarations toujours consensuelles et pleines de bonnes intentions
à l’issue de grandes réunions internationales, il faut souhaiter que le
G20 s’impose très vite aux yeux de tous comme une structure politique
crédible ayant les moyens de peser, d’une certaine manière, sur la
conduite des affaires du monde.
Si le G20 parvient à trouver son propre espace de vie, cela ne sera
pas sans conséquences sur le fonctionnement, les missions voire
l’existence de certaines institutions internationales. Dans cette
perspective et dans un futur plus moins proche, le fonctionnement de
certaines organisations internationales ne pourra pas ne pas s’en
trouver affecté, à l’instar de l’ONU. Le G20 me paraît être de nature à
inscrire son action dans la longue recomposition politique et économique
du monde qui, jour après jour, est de plus en plus lisible dans notre
vie quotidienne et ce quel que soit le degré de développement économique
et social auquel nous appartenons.
Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.
Achevée le 07 mars 2009.