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La Lettre n°111 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°12/2009 -

Le G20 : un premier rendez-vous planétaire (2) 

 

              Ce premier grand sommet international qui réunira le 2 avril prochain à Londres les 20 principales nations du monde, n’a pas de précédent. Il s’inscrit dans un environnement politique international  inédit, synonyme d’émergence d’un monde nouveau (a).

              Les raisons qui ont conduit les responsables politiques des principales puissances à décider la mise en place de la réunion de Londres, sont liées à la grave crise économique, financière et sociale à laquelle le monde est confronté depuis plusieurs mois. Le Président Sarkozy, le Premier Ministre Brown, la Chancelière Merkel et le nouveau Président des Etats Unis OBAMA en seront les principaux acteurs, puisqu’ils en ont été les promoteurs. L’idée même de la tenue d’une réunion qui dépasserait le cadre du G8 n’était pas acquise à l’origine. Toutefois, le fait que la crise financière se soit brutalement intensifiée au mois d’octobre dernier, a constitué un facteur de poids dans le processus décisionnel. Les exécutifs français et britanniques ont été parmi les principaux promoteurs de cette réunion qui s’inscrira dans l’histoire des grandes rencontres internationales. Elle est de la dimension de celles qui se sont déroulées au lendemain de la seconde guerre mondiale et qui ont donné naissance à de nouvelles et grandes structures politiques internationales : l’Organisation des Nations Unies (ONU), le Fond Monétaire International (FMI) et l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), notamment. Ces grands organismes internationaux ont, avec quelques autres, un dénominateur commun : ils ont accompagné l’émergence du nouvel ordre international qui est né de la fin du second conflit mondial.

              La réunion du G20 à Londres s’inscrit dans un cadre similaire, avec un objectif majeur : prendre des mesures ambitieuses, coordonnées et efficaces pour, d’une part, permettre aux économies de sortir de la crise et, d’autre part, se doter de moyens concrets pour empêcher qu’une telle crise se reproduise à l’avenir. A l’évidence, cette réunion ne se limitera pas seulement à trouver des solutions à caractère économique et financier. Elle sera l’occasion de jeter les bases d’une nouvelle forme de gouvernance mondiale au sein de laquelle les responsables politiques des principales puissances chercheront à affirmer leur leadership. Ainsi qu’il l’a annoncé, le Président OBAMA fera prévaloir le poids des Etats Unis dans la marche du monde. L’occasion est trop belle pour les uns et les autres de faire prévaloir leurs intérêts et essayer d’assurer le plus large écho possible à leur analyse. Il s’agit là d’une démarche à la fois naturelle et inévitable, compte tenu de l’émergence du monde nouveau que de plus en plus de citoyens constatent dans leur vie quotidienne et quel que soit le pays dans lequel ils vivent.

              Cependant et compte tenu de la dimension éminemment politique de cette rencontre, il faut souhaiter que l’économique et le financier demeurent au cœur des différents carrefours qui seront organisés. C’est à la crise que les exécutifs doivent apporter une réponse et non à l’occupation des différents et nombreux espaces médiatiques. L���attente des populations est grande. Un échec à Londres constituerait un précédent qu’il serait difficile de relever.

              Cette réunion du G20 est constituée de représentants de l’ensemble des cinq continents. Il ne me paraît pas totalement exclu que l’on observe les premières esquisses de la formation d’une des caractéristiques du monde nouveau (a) : la constitution de zones-monde, vastes ensembles politiques, économiques et culturels à l’instar de l’Union Européenne ou de l’ASEAN.

 

(a) « France : une ambition pour un monde nouveau »

 

 

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 21 mars 2009.