La Lettre n°113 de Jean-Pierre
Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°14/2009 -
Le G20 : un premier rendez-vous planétaire (3)
De l’avis de l’ensemble des responsables politiques qui ont participé à
ce premier grand rendez-vous planétaire d’un genre nouveau, relayé
unanimement par la presse internationale, la réunion de Londres doit
être considéré comme une réussite et nous devons tous nous en réjouir.
Une des principales particularités de ce sommet, réside dans le fait que
des décisions importantes ont été adoptées à l’unanimité par l’ensemble
des participants, sur des points particulièrement importants :
renforcement des moyens financiers mis à la disposition du Fond
Monétaire International (FMI), dénonciation et lutte contre les paradis
fiscaux, mise sous surveillance et encadrement des agences de notations…
Au total, ce sont près de 5 000 milliards de dollars qui seront affectés
au soutien de l’activité économique mondiale, par l’ensemble des
économies. Rappelons que les chefs d’Etat et de gouvernement du G20
représentent environ 85% de la population mondiale et près de 90% du
total des richesses produites.
Contrairement à ce qui se
produit le plus souvent au cours de rencontres internationales majeures,
telles que celles du G8, de l’OCDE (Organisation pour le Commerce et le
Développement Economique) ou de l’OMC (Organisation Mondiale du
Commerce) où les communiqués finaux sont toujours synonymes de grandes
décisions qui s’apparentent le plus souvent de bonnes intentions, la
réunion de Londres a su faire preuve de davantage de responsabilité.
L’intensité et la profondeur de la crise à laquelle le monde est
aujourd’hui confronté, sont peut être deux des éléments qui
expliqueraient leur volonté de faire preuve de davantage de pragmatisme,
non seulement pour la traiter mais aussi et surtout pour l’éradiquer et
empêcher, autant que faire se peut, qu’elle ne se reproduise.
Parmi les mesures prises, la mise sous « surveillance » des agences de
notation constitue un point important du dispositif. Aujourd’hui, il est
devenu plus qu’urgent de mieux encadrer ces structures financières qui,
en raison de leur impact auprès des différents acteurs qui interviennent
sur les marchés, ont une réelle capacité de nuisance sur les cours de
bourse des titres cotés. Et que dire des recommandations faites par ces
mêmes organismes qui, au terme d’analyses supposées pertinentes sur
telle ou telle société, dégradent son cours de bourse sur une
recommandation, lequel se retrouve immédiatement à la baisse sur son
marché de cotation pour, quelques jours plus tard, repartir à la
hausse ! La décision fort à propos des membres du G20 sur cette délicate
question, était non seulement nécessaire mais urgente, dans le contexte
dans lequel se trouve l’ensemble de l’économie mondiale. Gageons que les
décisions qui ont été adoptées à Londres le 2 avril dernier seront
effectivement suivies d’effet. La réunion du G20 à New York, au mois de
septembre prochain, constitue un élément de stabilité dans les
différents domaines qui ont été abordés par l’ensemble des chefs d’Etat
et de gouvernement.
Le phénomène de la mondialisation confèrera d’autant plus de poids au
G20, qu’il saura faire preuve d’autorité, de continuité et de vigilance
vis à vis de l’ensemble des décisions qu’il adoptera au cours des
différentes réunions plénières qui se dérouleront au cours des toutes
prochaines années.
Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.
Achevée le 03 avril 2009.