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La Lettre n°117 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°20/2009 -

L'inflation est elle maitrisée en France ?

 

              Les chiffres que vient de publier l’INSEE le confirment : l’inflation cumulée en France sur une année s’est établie à 0,1%. Pour retrouver un chiffre identique, il faut remonter à l’année 1957. Il aura donc fallu attendre 42 ans pour que la France retrouve un taux d’inflation aussi bas.

              Il y aurait beaucoup à dire et à écrire sur ce point, quand on se souvient de cette décennie caractérisée notamment par un taux d’inflation à deux chiffres, tout particulièrement entre le premier choc pétrolier (décembre 1973) et la seconde moitié des années 80. A présent on peut dire que les Présidents Coty et Sarkozy partagent au moins un point commun : sous leur présidence, le taux d’inflation en France aura atteint 0,1% !

              Si ce chiffre constitue une bonne nouvelle pour l’économie française, il l’est aussi pour les consommateurs et pour les propriétaires de valeurs mobilières et immobilières. Un taux d’inflation aussi peu élevé est un atout important dans le contexte économique et social qui prévaut aujourd’hui. Prenons l’exemple de la rémunération du Livret A qui est actuellement de 1,75%. Avec un taux d’inflation de 0,1%, le gain en terme de pouvoir d’achat est de 1,65%. Cette situation est préférable à celle qui a prévalu pendant de très longues années, où le taux de rémunération du Livret A ne dépassait pas 4% alors que l’inflation était à deux chiffres ! Pour l’épargnant il y avait là une véritable perte de pouvoir d’achat, masquée par l’inflation qui agissait comme un antalgique !

              L’enquête de l’INSEE nous montre aussi que si depuis une dizaine d’années les salaires n’augmentent pas, en revanche la répartition de la richesse produite est stable et la rémunération des actionnaires reste inchangée. En dépit des effets conjugués de la crise financière et de la diminution de leurs carnets de commande, les entreprises ont l’absolue nécessité de préserver leurs parts de marché. En consentant des diminutions tarifaires, elles réduisent leurs marges bénéficiaires. Elles n’ont pas le choix et cela est profitable à l’ensemble des consommateurs. Les exemples de baisse des prix sont perceptibles dans tous les champs du spectre économique : biens immobiliers, véhicules de transport, séjours de vacances, produits pétroliers, électricité et gaz, produits de consommation courante… On pourrait y ajouter les soldes qui constituent des périodes favorables à la consommation des ménages.

              Pour autant, on ne peut pas dire que l’inflation a définitivement disparu de notre paysage économique, loin s’en faut. Plusieurs facteurs militent en ce sens, notamment les tensions observées avant la crise sur les prix des matières premières qui risquent de réapparaître à l’occasion de la reprise de l’activité. Interviendra aussi la reconstitution des marges pour les industriels et les commerçants. En cas de reprise éventuellement marquée dans le secteur du bâtiment, ce dernier pourrait constituer un foyer d’inflation. Les exemples sont nombreux et ils sont une importante raison pour être prudent sur la difficile et délicate question de l’inflation dans un pays comme la France.

 

  

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 10 avril 2009.