La Lettre n°122 de Jean-Pierre
Monteil Finances et Gestion
- Semaines n°30&31/2009 -
Crise immobilière : de quoi parle-t-on ?
Les différents chiffres qui sont communiqués régulièrement par un
certain nombre d’acteurs du marché de l’immobilier depuis l’été 2007 et
notamment depuis le début de l’automne 2008, continuent d’être en
inadéquation marquée avec ceux qui sont fournis par d’autres
intervenants, en particulier les notaires et les organismes financiers.
Que les
statistiques émanent de
Dans le
domaine immobilier, les intérêts des uns sont souvent différents des
intérêts des autres. Ainsi, un agent ou un promoteur immobilier ont l’un
et l’autre intérêt à ce que les biens qu’ils commercialisent trouvent
des acquéreurs le plus rapidement possible, permettant ainsi au premier
de faire face à ses différentes charges (salaires, cotisations
patronales, impôts) et au second de faire face lui aussi à ses
différentes charges tout en limitant au maximum la durée des engagements
bancaires qu’il a obtenus pour réaliser l’opération immobilière qu’il
commercialise.
Et le particulier dans tout cela ? Sans lui rien ne se réalise et c’est
bien à ce niveau là que se situe le problème auquel est confrontée la
profession dans sa globalité car, pour pouvoir faire l’acquisition d’un
bien immobilier quel qu’il soit, il faut en avoir la capacité
financière. Or, aujourd’hui, les chiffes des mises en chantier et ceux
fournis pas les Chambres de Notaires nous montrent une segmentation du
marché :
-
l’essentiel des ventes qui ont été réalisées au cours de ces
18 derniers mois l’ont été sur des lots de petites superficies (studio,
T1 et T2) et concernent la plupart du temps les villes étudiantes
(Bordeaux, Montpellier, Nantes, Nice… ;
-
les ventes de grands appartements (T4 et T5) ou de maisons
individuelles interviennent la plupart du temps après la vente en
amont d’un bien immobilier, surtout quand le prix de vente du neuf est
supérieur ou égal à 300/350 K euros. Ici, la primo accession est très
rare ;
Enfin et surtout, les prix de l’immobilier ont atteint des sommets au
cours de ces dix dernières années, dans notre pays comme dans la plupart
des autres pays européens. C’est un élément pour ne pas dire l’élément
clé qui explique, à lui seul et en grande partie, la situation difficile
dans laquelle se trouve plongé le marché de l’immobilier et pour de très
nombreuses années encore. Ainsi, même avec des durées de remboursement
égales ou supérieures à trente ans, l’achat d’un appartement ou d’une
maison individuelle est devenu aujourd’hui impossible, pour un grand
nombre de nos concitoyens.
(a) : source : Diagnostic Expertise (28.05.2009).
Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.
Achevée le 25 juillet 2009.