La Lettre n°124 de Jean-Pierre
Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°33 2009 -
Les primes des traders pour l'année 2009 : provocation ou réalité ?
Différents médias ont abondamment commenté le fait que BnpParibas ait
provisionné près d’un milliard d’euros en vue de rémunérer un certain
nombre de ses intervenants sur les marchés de valeurs. Aussitôt, de
nombreuses voix se sont faites entendre pour condamner cette pratique, à
un moment où le nombre des personnes qui s’inscrivent chaque jour au
chômage se comptent en milliers.
Pour celui ou pour celle qui ne connaît pas les règles de fonctionnement
des salles de marchés, une telle annonce est sinon incompréhensible du
moins inacceptable. Attachons-nous à examiner les raisons qui militent
dans un sens et dans un autre.
La rémunération de ce que l’on appelle un trader dépend, pour
l’essentiel, des gains qu’il réalise pour le compte de l’organisme qui
l’emploie. A contrario, les pertes sont prises elles aussi en compte
dans le calcul de son salaire.
Dans toute activité à caractère commercial, le salaire est d’autant plus
élevée que le gain réalisé par l’entreprise est important. La règle qui
prévaut dans ce domaine est connue des deux parties (employeur et
employé) et constitue l’essence même du contrat de travail. Si j’étais
un temps soit peu provocateur je dirais que si le gouvernement les y
oblige, les banques diminueront le montant des primes qu’elles doivent
verser à certains de leurs employés, mais il y aura alors un non respect
des contrats signés ! C’est la raison pour laquelle je crois que si de
nouvelles règles sont édictées, il faudra qu’elles le soient par la loi
et surtout que cette dernière soit précédée d’une large consultation
internationale. A défaut, les meilleurs intervenants se rendront alors
dans les pays où les règles de rémunérations seront les moins
contraignantes. Les conséquences se relèveraient alors préjudiciables et
pénalisantes pour les banques et les organismes français ou étrangers
qui se démarqueraient d’autres pays. Toute la difficulté de cette
situation réside dans le fait que le trading est une puissante
caractéristique de l’activité bancaire. En outre, elle est absolument
indispensable à la vie des entreprises cotées. Il ne faut pas oublier
que lorsque Monsieur ou Madame Dupont achètent des actions de l’Air
Liquide, de Vodafone ou de Nokia, ce sont des traders qui, in fine, le
font. Il existe différents formes de trading : c’est une des conditions
nécessaires et indispensables à la vie des marchés.
Madame Lagarde,
Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.
Achevée le 14 août 2009.