La Lettre n°127 de Jean-Pierre
Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°36 2009 -
Pour une nouvelle gouvernance mondiale
En annonçant son intention de proposer une transformation de l’actuel G8
en G14 lorsque
Celui de 2009 n’a plus beaucoup de points communs avec celui qui
prévalait il y a moins de cinquante ans et la mutation qui est en marche
ne s’interrompra pas. Elle s’intensifiera de manière irréversible. C’est
pourquoi nous devons comprendre que la réunion du G20 qui se déroulera
les 24 et 25 septembre prochains aux Etats Unis est symbolique à
plusieurs titres.
Naturellement, les chefs d’Etat et de gouvernement traiteront les
questions spécifiques qui figureront à l’ordre du jour : l’analyse de la
crise financière internationale et ses conséquences économiques et
sociales, les bonus versés par les intermédiaires financiers à certains
de leurs collaborateurs, la recapitalisation du FMI… Mais par delà
l’importance que revêtira cette deuxième réunion du G20 c’est le fait
que, désormais, les questions majeures auxquelles le monde est confronté
seront de moins en moins traitées au sein de groupes restreints de pays,
fussent-ils parmi les principaux de la planète pour l’être dans d’autres
qui seront élargies. Nous avons toutes les raisons de considérer qu’il y
a eu un avant G20 et qu’il y aura un après G20.
La mise en place de cette nouvelle collégialité planétaire entraîne au
moins deux conséquences :
-
en acceptant de s’asseoir autour de la table, chaque membre du
G20, en particulier « les petits derniers », doit être pleinement
conscient que cette place se mérite et pour cela il doit se montrer
digne de la confiance que les autres nations ont placé en lui. Ainsi,
être membre du G20, non seulement cela se mérite mais chacun doit
s’attacher à assumer pleinement ses responsabilités et exercer le rôle
qui lui est dévolu ;
-
la mise en place de cette nouvelle collégialité de régulation
des affaires du monde, entraînera automatiquement et à brève échéance,
une transformation rendue nécessaire des autres institutions
internationales nées de la fin de la seconde guerre mondiale : Fond
Monétaire International, Organisation des Nations Unis, Banque Mondiale,
Organisation Mondiale du Commerce…
Il sera intéressant d’observer en particulier l’écho qui sera réservé
aux intentions de
La proposition française, alliée à la tenue à intervalles réguliers de
sommets du G20 rend plus lisible encore la réalité de la mondialisation
et l’émergence d’un monde nouveau qui, depuis quelques décennies, a
commencé à se substituer à celui dans lequel les plus de trente ans sont
nés.
Gageons que les Hommes seront de plus en plus nombreux à en être
conscients et qu’ils auront non seulement la sagesse mais aussi et
surtout la volonté d’en écrire les premières phrases, avec le moins de
fautes possible, sur le Grand Livre de l’histoire de l’humanité.
(a) . Le G8 représente : 15% de la population mondiale,
Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.
Achevée le 05 septembre 2009.