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La Lettre n°127 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°36 2009 -

Pour une nouvelle gouvernance mondiale

 

              En annonçant son intention de proposer une transformation de l’actuel G8 en G14 lorsque la France aura la responsabilité de préparer le G8 (a) qui se tiendra en France en 2011, le Président français a raison. Cette proposition est d’autant plus cohérence qu’il revient aux responsables politiques des principales puissances économiques de réformer l’ensemble des instances non seulement politiques, mais aussi économiques, financières qui régissent la bonne marche du monde.

              Celui de 2009 n’a plus beaucoup de points communs avec celui qui prévalait il y a moins de cinquante ans et la mutation qui est en marche ne s’interrompra pas. Elle s’intensifiera de manière irréversible. C’est pourquoi nous devons comprendre que la réunion du G20 qui se déroulera les 24 et 25 septembre prochains aux Etats Unis est symbolique à plusieurs titres.

              Naturellement, les chefs d’Etat et de gouvernement traiteront les questions spécifiques qui figureront à l’ordre du jour : l’analyse de la crise financière internationale et ses conséquences économiques et sociales, les bonus versés par les intermédiaires financiers à certains de leurs collaborateurs, la recapitalisation du FMI… Mais par delà l’importance que revêtira cette deuxième réunion du G20 c’est le fait que, désormais, les questions majeures auxquelles le monde est confronté seront de moins en moins traitées au sein de groupes restreints de pays, fussent-ils parmi les principaux de la planète pour l’être dans d’autres qui seront élargies. Nous avons toutes les raisons de considérer qu’il y a eu un avant G20 et qu’il y aura un après G20.

              La mise en place de cette nouvelle collégialité planétaire entraîne au moins deux conséquences :

-          en acceptant de s’asseoir autour de la table, chaque membre du G20, en particulier « les petits derniers », doit être pleinement conscient que cette place se mérite et pour cela il doit se montrer digne de la confiance que les autres nations ont placé en lui. Ainsi, être membre du G20, non seulement cela se mérite mais chacun doit s’attacher à assumer pleinement ses responsabilités et exercer le rôle qui lui est dévolu ;

-          la mise en place de cette nouvelle collégialité de régulation des affaires du monde, entraînera automatiquement et à brève échéance, une transformation rendue nécessaire des autres institutions internationales nées de la fin de la seconde guerre mondiale : Fond Monétaire International, Organisation des Nations Unis, Banque Mondiale, Organisation Mondiale du Commerce…

              Il sera intéressant d’observer en particulier l’écho qui sera réservé aux intentions de la France, quant à la question de la composition du G8. En effet, le Président Sarkozy a émis le souhait d’agrandir la composition de l’actuel G8 (Etats Unis, Japon, Allemagne, Chine, France, Grande Bretagne, Canada, Italie et Russie à d’autres pays tels que le Brésil, l’Inde, le Mexique, l’Afrique du Sud, l’Espagne… Cette proposition pourrait devenir réalité lors du sommet du G8 en 2011.

              La proposition française, alliée à la tenue à intervalles réguliers de sommets du G20 rend plus lisible encore la réalité de la mondialisation et l’émergence d’un monde nouveau qui, depuis quelques décennies, a commencé à se substituer à celui dans lequel les plus de trente ans sont nés.

              Gageons que les Hommes seront de plus en plus nombreux à en être conscients et qu’ils auront non seulement la sagesse mais aussi et surtout la volonté d’en écrire les premières phrases, avec le moins de fautes possible, sur le Grand Livre de l’histoire de l’humanité.

(a) . Le G8 représente : 15% de la population mondiale,

 

 

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 05 septembre 2009.