La Lettre n°128 de Jean-Pierre
Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°37 2009 -
Un grand emprunt : quel financement ?
Le Président Sarkozy a évoqué, pour la première fois, l’éventualité de
recourir à un grand emprunt national, devant l’ensemble des
parlementaires réunis en congrès à Versailles le 22 juin dernier. Il a
ouvert ainsi une réflexion de fond sur la définition de secteurs
d’avenir, porteurs en terme de création de richesse et d’emploi.
Toutefois, l’argent étant toujours le nerf de la guerre, le montant et
les modalités de rémunération de cet emprunt sont loin d’être
négligeables, compte tenu de l’environnement économique et social qui
prévaut depuis plusieurs mois.
Avant d’évoquer la question de l’emprunt, il a demandé aux
parlementaires « … de se mobiliser pour identifier tous les dispositifs
inutiles, toutes les aides dont l’efficacité n’est pas démontrée, tous
les organismes qui ne servent à rien… », montrant ainsi son souhait de
déterminer les secteurs ou les domaines d’activité qui seront créateurs
de richesse et d’emploi au cours des prochaines décennies. De cette
manière, il inscrit le grand emprunt dans un cadre bien défini, en
précisant que les capitaux qui seront levés auprès des futurs
investisseurs, seront affectés exclusivement sur des programmes d’études
et de recherches d’avenir et non pas en soutient des investissements
courants de type routes et autoroutes, chemins de fers, hôpitaux et bien
d’autres encore, en dépit de leur utilité reconnue.
Les secteurs auxquels à
fait allusion le Président devront assurer le relais avec ceux qui
caractérisent la vie quotidienne du plus grand nombre d’entre-nous et
qui seront indispensables dans notre vie quotidienne au cours des
prochaines décennies : médical, environnement, voitures électriques,
informatique, hydrogène, défense…
La question de son financement est tout à fait fondamentale, car c’est
lui qui conditionnera réellement son efficacité. De nombreuses questions
restent à résoudre et non des moindres : quel seront son montant et sa
durée, comportera-t-il une ou plusieurs tranches, quel sera son ou ses
taux d’intérêt, la souscription sera-t-elle exclusivement nationale ou
sera-t-il fait appel aussi aux marchés financiers… Le poids de la dette
publique constituera non seulement un critère pour ne pas dire le
critère de faisabilité ou non de ce projet. Nul n’ignore que depuis le
début de la crise financière, les grandes entreprises ont été nombreuses
à devoir faire appel aux marchés pour pouvoir satisfaire leurs besoins
d’investissements. Certes,
La complexité de cette question a conduit le Président de
Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.
Achevée le 12 septembre 2009.