La Lettre n°129 de Jean-Pierre
Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°38 2009 -
Contrats d'assurance vie : profiter de la reprise des marchés pour arbitrer
Lorsque les détenteurs de contrats d’assurance vie ont reçu leur relevé
de situation au cours du premier trimestre de cette année, tous ont fait
une même observation : diminution du taux d’intérêt servi par leur
société d’assurance pour celles et ceux dont le capital est placé en
euros et perte en capital, parfois significative, pour celles et ceux
dont le capital avait été placé en unités de comptes ou sur un multi
support.
Les assurés les plus prudents ont été ceux qui depuis la rentrée 2007,
ont cantonné la totalité de leurs avoirs en euros, évitant derechef la
grave crise financière qui a démarré il y a un an, avec la faillite de
la banque US Lehmann Brothers. Les chiffres fournis par les banques et
les sociétés d’assurance font apparaître que mis à part les contrats
libellés exclusivement en euros, tous les autres ont été affectés par la
chute vertigineuse des marchés. Même s’il est toujours plus facile
d’expliquer une situation à posteriori, chaque détenteur de contrat
d’assurance en multi support ou libellé en unités de compte aurait dû
être contacté par son interlocuteur assurance ou banque pour lui faire
part des conséquences de cette situation peu fréquente pouvait
entraîner, en l’invitant à sécuriser la totalité de son capital en
euros, exception faite de celles et ceux qui malgré la crise, auraient
décidé de rester « exposés ». Il faut souhaiter qu’à l’avenir cela soit
examiné par les professionnels de l’assurance et peut être même par les
responsables des associations de défense ad hoc.
Depuis le mois de mars, les marchés se sont bien repris et la bourse de
Paris a refait une partie de son retard. Aujourd’hui, elle est à moins
de 10% sur les 12 derniers mois. Même si la crise est encore bien
présente, ont peut raisonnablement penser que sa dimension financière
est, pour une large part, derrière nous. En revanche, sa dimension
économique et sociale est toujours présente et ne sera pas surmontée
avant plusieurs semestres. C’est la raison pour laquelle il nous paraît
opportun, pour celles et ceux qui ont sécurisé leur capital, de procéder
à des arbitrages en actions et/ou en obligations. Nonobstant l’évolution
des marchés au cours des semaines et des mois avenir, la période est à
l’heure actuelle favorable pour agir dans cette direction. En agissant
ainsi, les titulaires de contrats d’assurance observeront au début de
l’année prochaine un rendement supérieur à celui de l’année dernière.
Les personnes qui ont procédé à des arbitrages avant le début de l’été
devraient quant à elles percevoir un taux de rendement significatif.
Il nous paraît qu’un rapport 10-20% en actions et 90-80% en euros
s’inscrit dans une perspective raisonnable d’ici au cours du premier
semestre 2010. Le manque de réactivité des contrats d’assurance vie est
une constante à prendre en compte, lorsque le titulaire d’un contrat
décide de placer une partie de son capital en dehors d’un support en
euros.
Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.
Achevée le 19 septembre 2009.