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La Lettre n°131 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°40 2009 -

Un nouveau rôle pour le fond monétaire international

 

              L’histoire retiendra le 4 octobre 2009 comme une date importante dans la vie du Fonds Monétaire International (FMI) car c’est à Istanbul, en Turquie, que les 186 pays membres ont consacré le nouveau rôle de cette institution née il y a 65 ans, à la fin de la seconde guerre mondiale.

              Le Comité Monétaire et Financier International (CMFI) qui est composé des ministres des 186 pays membres, a donné son accord a une nouvelle mission qui place le FMI au premier rang pour la surveillance de l’économie mondiale et des déséquilibres qu’elle engendre. Cette importante décision découle directement de la réunion du G20, intervenue il y a quelques jours à Pittsburgh aux Etats Unis. C’est aussi l’aboutissement d’une demande de modification du rôle et du fonctionnement du FMI, exprimée par Dominique Strauss-Kahn depuis son installation dans le fauteuil de Directeur Général.

              Non seulement le Fonds a pour ambition de surveiller les déséquilibres mais il souhaite aussi les combler. Dans sa conférence de presse, le patron du FMI a rappelé « qu’il voyait le Fonds comme une mise en commun des ressources qui inciterait les Etats à accumuler moins de réserves en devises et à faire confiance à la capacité de prêt du Fonds en cas de crise ». Il a poursuivi en rappelant que « si nous voulons éviter que les pays, y compris la Chine, bâtissent de telles réserves contribuant aux déséquilibres, il faut que nous trouvions un autre système ». Le montant du fond à constituer est d’autant plus considérable qu’il a pour vocation de rassurer les membres, en particulier ceux des grandes économies développées ou émergentes. Le FMI a précisé à Pittsburgh qu’il avait réuni 500 milliards de dollars de ressources supplémentaires qui avaient été promises au cours de la réunion du G20 à Londres, sous forme de prêts par les Etats ou d’achats d’obligations qu’il doit émettre. Dominique Strauss-Kahn a comparé la mise en commun de ces réserves à celles que constituent les sociétés d’assurance pour leur permettre de faire face aux sinistres de leurs assurés : on s’attend à ce qu’il nous rembourse lorsqu’on a besoin de lui.

              Les 186 membres du CMFI se sont engagés «  à maintenir leurs politiques de soutien budgétaire, monétaire et au secteur financier tant qu’une reprise durable ne sera pas garantie ». Par ailleurs, ils ont repris d’autres engagements du G20 : réformer la régulation financière, rééquilibrer la croissance mondiale, concevoir des stratégies de sorties crédibles et coordonnées de leurs plans de soutien. La question de la réforme des quotes-parts au sein du FMI a été débattue au sein de la réunion d’Istanbul. Enfin, le CMFI a soutenu un autre engagement pris à Pittsburgh : transférer au moins 5% des droits de vote des pays « sur-représentés » au profit « des économies dynamiques émergentes et en développement ».

              La réunion d’Istanbul marque un tournant significatif dans le fonctionnement du système monétaire international. Cette réforme, appelée de ses vœux par Dominique Strauss-Kahn dès sa prise de fonction, renforce la position et le rôle du FMI dans le suivi du fonctionnement de l’économie et de la finance internationales. Gageons que l’élan volontariste qui prévaut aujourd’hui, pourra se pérenniser au cours des prochaines décennies.

 

 

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 04 octobre 2009.