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La Lettre n°133 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°42 2009 -

Croissance, déficits, fiscalité : la difficile équation pour la France en 2010 (1)

 

              Il y a un an, le monde entrait dans la plus grave crise économique qu’il ait connu depuis 1929, même s’il est très difficile de comparer les deux époques. Le fait que nous soyons installés désormais dans une forme de gouvernance mondiale pour les questions majeures qui traversent le monde, a donné un aspect tout particulier à la situation actuelle. Crise du secteur bancaire et financier initialement, elle s’est ensuite rapidement étendue aux sphères économique, sociale, culturelle et politique. Si la dimension financière de la crise paraît être aujourd’hui surmontée, elle laisse à présent place aux difficiles questions du chômage, des déficits publics et de la fiscalité.

              Toutes celles et à tous ceux qui, depuis le début de la crise, n’ont cessé d’annoncer que les bourses continueraient à s’effondrer en 2009 comme en 2008, en sont aujourd’hui pour leurs frais : les marchés de valeurs se sont redressés à partie de la seconde quinzaine du mois de mars dernier. Les principaux indices de référence ont non seulement effacés leurs pertes par rapport à ceux du mois d’octobre 2008 mais ils ont réalisé des gains significatifs dans l’intervalle :

-          CAC 40 : +16% (Octobre 2008/octobre 2009) ;

-          DOW JON.EURO ST.50 (Price) : +16%;

-          DOW INDUSTRIALS : +13%;

-          NIKKEI 225 : +18%.

              Contrairement à certaines idées reçues, la Chine n’a pas connu de récession au cours de ces douze derniers mois (+15,30 % pour les ventes au détail et + 12,40% pour la production industrielle en août 2009) (a). Le niveau des réserves de change du pays ( 2 130 milliards de dollars) et son faible taux d’endettement public (18% du PIB) permettent au gouvernement de disposer d’une marge confortable pour soutenir son économie, ce qui n’est pas le cas de la France et de ses partenaires européens. La hausse du PIB de la France ne devrait pas dépasser 1,5% en 2010. Parmi les nombreux obstacles qui pèsent sur son économie celui de la charge de la dette est de plus en plus inquiétant : 55 milliards d’euros l’an prochain. Il est incontestable que cette situation réduira d’autant les marges de manœuvres de l’exécutif. A cela s’ajoutera la question de la suppression de la taxe professionnelle et la baisse de compétitivité de nos exportations du fait de la hausse de l’euro.

              Cette équation à la fois complexe et difficile qui devra être résolue en 2010 et au cours des années qui suivront, concerne notre pays mais aussi l’ensemble de ses partenaires européens. A l’évidence, les français supporteront une fiscalité accrue en 2010, taxe carbone et augmentation de la fiscalité locale. En outre, ayons présent à l’esprit que lorsque l’activité reprendra de manière durable aux Etats Unis, les responsables de la FED n’hésiteront pas à employer l’arme des taux pour enrayer tout risque d’inflation.

(a) Réf : L’Expansion / Octobre 2009.

 

 

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 17 octobre 2009.