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La Lettre n°134 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°42 2009 -

Croissance, déficits, fiscalité : la difficile équation pour la France en 2010 (2)

 

              Il y a un an, le monde entrait dans la plus grave crise économique qu’il ait connu depuis le début de l’ère industrielle. Comme toujours en pareilles circonstances, ce sont les sujets les plus fragiles qui en ont subit pleinement les effets, qu’il s’agisse de personnes physiques comme des personnes morales.

              Même si les crises d’octobre 1929 et octobre 2008 sont différentes à bien des égards, celle de 2008 se caractérise notamment par sa rapidité de propagation et par l’intensité de ses effets induits sur la sphère financière. A celles et ceux, nombreux, qui comparent la crise actuelle à son ainée, il n’est pas inutile de rappeler que quatre années ont séparé la chute des marchés financiers à Wall Street au mois d’octobre 1929, de la présentation du programme de relance économique (New Deal) par le Président Roosevelt. Par comparaison cela signifie qu’il nous faudrait attendre le courant de l’année 2012 pour connaître le contenu de plan macro économique du Président OBAMA !

              Les budgets publics en préparation, comme ceux des grandes entreprises, ont au moins une caractéristique en commun : les uns et les autres sont empreints de prudence et n’anticipent pas une probable reprise économique avant le courant du second semestre 2010. La France ne restera donc pas en marge de cette situation internationale. Deux questions majeures devront être traitées par le pouvoir exécutif : quel pourrait être le taux de croissance de l’économie française et surtout de combien sera le montant des déficits publics (Etats et Collectivités locales) :

-          La croissance française : c’est un exercice qui se révèle toujours délicat pour un exécutif quel qu’il soit lorsqu’il établit des projections de croissance économique dans un contexte économique comme celui qui prévaut aujourd’hui. D’après les estimations du Ministère de l’Economie, de la BCE ou de la Commission Européenne, le taux de croissance de la France devrait s’établir entre 0,5 et 0,7% en rythme annuel au cours du second semestre 2010. Bien que faible c’est un taux qui, s’il est confirmé, signera une authentique sortie de crise et un redémarrage de l’économie française dans un environnement international plus favorable. Ce taux ne permettra pas une interruption de la croissance du chômage mais une réduction de sa progression, comparé aux semestres précédents ;

-          Les déficits publics : c’est sans conteste la question cruciale qui, en raison du degré d’acuité atteint depuis quelques années maintenant, « parasitera » durablement et pour de très nombreuses années encore (15/20 ans), l’action du pouvoir exécutif dans notre pays, comme ceux de tous les autres pays développés, à l’exception de quelques uns telle la Norvège ou certains autres pays exportateurs de pétrole ou de gaz naturel (Abu Dhabi, Arabie Saoudite, Russie…). Le degré d’endettement global de la France (Etat et Collectivités Locales) a ôté toute marge de manœuvre au pouvoir exécutif : 1 640 milliards d’euros soit 84 % du PIB du pays en 2010. La charge seule charge de la dette atteint 42,50 milliards d’euros au titre du projet de loi de finances pour l’année 2010. Un jour, qui nous paraît pas si éloigné que cela, il est tout à fait possible que certains Etats soient conduits à se déclarer ne faillite, ce qui aurait comme effet immédiat de plonger alors le monde dans une crise d’une toute autre nature que celle qui est née au cours du mois d’octobre 2008.

              Au cours d’une prochaine Lettre d’information, nous reviendrons sur le fait que certains pays puissent être conduits à se déclarer en faillite, ce qui s’est déjà produit avec l’Islande qui a été « sauvé » par la Russie !

 

 

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 24 octobre 2009.