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La Lettre n°136 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°04 2010 -

L'endettement de la France : un axe majeur de politique intérieure et extérieure

 

              Il y a près de quinze mois, le monde était confronté à une des plus graves crises économiques et financières de son histoire, tant par son ampleur que par sa profondeur, le second aspect étant plus difficilement perceptible que le premier pour des esprits non initiés.

              C’est à l’automne de l’année 1980 que la France a voté pour la dernière fois une loi de finances équilibrée ! Ainsi, depuis 30 ans, sans discontinuer et quelle que soit la sensibilité politique des différents gouvernements qui se sont succédés, la puissance publique française dépense plus qu’elle ne gagne. D’aucuns diront que l’Etat est comparable à une famille qui sollicite sa banque afin d’obtenir un crédit ou des facilités pour pouvoir faire face à ses dépenses. Comparaison n’étant pas raison, l’Etat n’est pas du tout dans la même situation. Pourquoi ? Lorsqu’une personne s’adresse à sa banque, le prêt qui lui est accordé est fonction de sa capacité de remboursement : le créancier n’accorde un prêt que dans la mesure où il est certain d’être remboursé intégralement et à une échéance donnée. Ce n’est pas du tout ce qui se passe lorsque l’Etat décide de dépenser davantage qu’il ne le peut ! Il tire des créances sur les futurs contribuables…

              Les raisons ont toujours été et demeurent aujourd’hui encore à la fois « respectables et justifiées ». Le résultat est désormais sans appel : en 1980, l’endettement de la France s’élevait à 91 milliards d’euros. Au 31 décembre 2009, le montant total de la dette négociable s’est établi à 1 147 984 573 702 euros (a) ! Ce chiffre est de nature à provoquer le vertige pour au moins deux raisons : il continuera à augmenter au moins jusqu’en 2012, date de la prochaine élection présidentielle ; la charge considérable laissée aux générations futures, un tel montant d’endettement ne pouvant pas s’effacer avant plusieurs décennies… d’indispensable rigueur budgétaire (Etat, collectivités territoriales et hôpitaux) et de croissance économique.

              Aujourd’hui, plus personne ne conteste le fait que notre pays est profondément handicapé par l’état de ses finances publiques, le privant derechef d’importantes marges de manœuvre qui lui seraient été bien utiles pour surmonter la grave crise que nous traversons depuis la fin de l’été 2008 et qui se s’estompera pas avant plusieurs semestres. Il n’est que de se souvenir le plan de relance de 1975 initié par Jacques Chirac, alors Premier Ministre, pour soutenir l’activité économique. D’un montant de 30,5 milliards de francs, il représentait alors 2,8 point de PIB. Le plan MAUROY lancé en 1981 représentait quant à lui, 1,7 point de PIB sur deux années !

              Au moment où le président Sarkozy et son gouvernement semblent décidés à s’attaquer durablement à ce mal qui ronge depuis trop longtemps notre pays, gageons que la sagesse guidera les principaux acteurs de cette indispensable réforme en adoptant les mesures structurelles nécessaires et indispensables à sa résolution.

(a). Source : AFT (Agence Fran9aise du Trésor). 25 janvier 2010.

 

 

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 31 janvier 2010.