La Lettre n°138 de Jean-Pierre
Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°21 2010 -
La nécessaire orthodoxie budgétaire
La chute significative des marchés actions le vendredi 7 mai sur
l’ensemble des places boursières de la planète a tout de suite été
interprétée comme étant, une fois encore, de la responsabilité des
banques et des salles de marchés qui leur sont rattachées.
La vérité est ailleurs : elle est contenue dans les déficits budgétaires
abyssaux qui caractérisent, depuis de trop nombreuses années maintenant,
la situation de la plupart des pays développés, l’Europe et certaines
économies de la zone euro s’illustrant tout particulièrement. Si les
marchés ont réagi aussi vivement, c’est parce que certains organismes,
les agences de notation, commencent à émettre de sérieuses réserves sur
la capacité de certains pays à pouvoir honorer leurs engagements
budgétaires d’aujourd’hui et de demain.
Cela fait de très nombreuses années que la plupart des états ont pris la
décision de laisser filer leur endettement public. Pour la plupart
des économies développées, cette situation a commencé au cours de la
seconde moitié des années 70, peu après le premier choc pétrolier de
1973. Cette situation a marqué la fin de la période des Trente
Glorieuses (1945-1975). Le second choc pétrolier de 1980 a parachevé
cette situation économique nouvelle et plongé durablement l’ensemble des
économies dans un environnement particulièrement difficile, en termes de
diminution de croissance, de chômage et de déséquilibre des comptes
publics.
La violence de la crise monétaire que traversent actuellement les pays
membres de l’Euroland, est à la fois la conséquence et l’expression des
profonds bouleversements qui caractérisent l’environnement économique
international depuis plus de trente années.
Les marchés ont besoin de visibilité pour progresser. Aujourd’hui, ils
tirent la sonnette d’alarme pour exprimer leurs inquiétudes, face aux
endettements budgétaires considérables qui ont été accumulés depuis
plusieurs décennies.
Il est devenu plus qu’urgent pour les états, davantage encore que pour
les personnes physiques et morales, de mettre en place les correcteurs
qui les conduiront à des politiques budgétaires plus raisonnables en
termes de dépenses et donc d’équilibres.
Lorsque les états inscriront dans la durée des dispositions budgétaires
synonymes de règles rigoureuses et pérennes, le rôle des agences de
notation sera alors très vraisemblablement redéfini.
Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.
Achevée le 31 mai 2010.