La Lettre n°16 de Jean-Pierre
Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°03&04/2006 -
A propos de l'OPA de MITTAL
La semaine qui s’écoule aura été dominée sur le plan économique et financier, par ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Mittal ». Tout ce que le monde compte de spécialistes et de professionnels rompus à ces questions de fonctionnement des entreprises, sont intervenus ou ont été complaisamment sollicités par les représentants de la presse, qu’elle soit écrite, radio diffusée ou télévisée. En outre, compte tenu de la personnalité même de Monsieur Mittal, une large partie de la presse écrite anglo-saxonne a traitée l’offre d’achat inamicale qu’il a adressée en direction du groupe sidérurgique européen Arcelor.
Bien des questions se posent lorsqu’une socité étrangère décide, de manière non concertée, d’en absorber une autre, surtout lorsque cette décision n’a pas été prcédée de contact officiels et officieux de la part de celui qui initié l’OPA. Par ailleurs, il est légitime que tout actionnaire, en particulier celui que l’on qualifie de « petit porteur », réagisse en pareille circonstance. En l’occurrence, c’est précisément le caractère brutal et imprévisible de Monsieur Mittal, qui a conduit à autant de commentaires, dans la presse nationale et internationale. Mais par delà la démarche de son auteur, il paraît intéressant et utile pour demain, de mesurer un certain nombre de paramètres qui sont quelques unes des constantes de la question de la mondialisation.
Quatre points nous paraissent devoir être mis en exergue :
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La mondialisation est aujourd’hui une réalité et il est devenu urgent d’intégrer dans nos schémas de réflexion, pour une perception aussi fine que possible du fonctionnement des économies en ce début de siècle et de millénaire ;
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Les entreprises qui réussissent au plan international, sont celles qui intègrent les spécificités régionales de leurs différentes participations industrielles et financières. En agissant ainsi, elles évitent des reproches sur leur méconnaissance de tel ou tel environnement national ou régional. Elles préservent aussi ce qui est le plus précieux dans une entreprise : les hommes et les femmes qui l’animent et sans lesquels elle ne serait rien ;
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Les entreprises qui veulent être à l’abri d’OPA (hostiles ou non) de la part de leurs concurrents, doivent s’attacher à « verrouiller » effectivement la répartition de leur actionnariat. Trop d’entreprises françaises, à la différence de leurs homologues allemandes, américaines ou anglaises, sont aujourd’hui bien trop fragilisées, ce qui constitue pour elles, un lourd handicap qui peut aller jusqu’à peser sur l’orientation de leurs choix stratégiques, en terme de croissance et de développement. Pour éviter cela, les responsables politiques français doivent inciter puissamment le développement d’un cadre financier et fiscal qui inciterait et favoriserait la participation réelle des salariés français pour leurs entreprises, sorte de fonds de pension qui contribuerait utilement à sécuriser le capital des grands groupes français ;
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L’offre de Mittal Steel aujourd’hui, l’attaque( ?) dont aurait fait l’objet le Groupe Danone l’été dernier, sont deux exemples qui symbolisent l’environnement économique, financier et donc politique qui entoure la vie de l’entreprise. La France est installée dans un environnement économique de libre concurrence qu’elle se doit de respecter, si elle veut que ses entreprises puissent légitiment à leur tour, développer des politiques de croissance externe. Ce qui est bon pour les entreprises françaises lorsqu’elles procèdent à des acquisitions étrangères, doit l’être aussi pour les entreprises étrangères quand elles interviennent sur le sol national. Bien évidemment il est des quelques domaines industriels qui relèvent de domaines spécifiques et que chaque nation a le devoir de définir, afin de protéger des activités sensibles et qualifiées de stratégiques, par ses responsables politiques et économiques.
Gageons que l’affrontement industriel et financier auquel se livrent Arcelor et Mittal Steel connaîtra une issue lisible et pérenne, en faveur des deux premières entreprises sidérurgiques mondiales, et qui sera profitable pour le reste l’environnement économique, politique et financier de la France.
Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.
Achevée le 03 février 2006.