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La Lettre n°19 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°08 & 09/2006 -

Si on reparlait de mondialisation

              S’il est un mot qui est aujourd’hui employé par de plus en plus de personnes c’est bien celui de la mondialisation. Il l’est tellement qu’il finit par l’être dans la plupart des domaines de notre vie quotidienne et souvent même, là où son utilisation se révèle inappropriée.

              On parle de mondialisation dans des domaine tels que l’économie et les finances, de même que pour des questions liées aux relations extérieures. Hier, c’est à dire au lendemain de la seconde guerre mondiale, les grandes questions macro économiques étaient traitées au plan international entre nations, dans le cadre du Marché Commun ou de l’OCDE, par exemple. Chaque pays avait la capacité de contrôler le fonctionnement intérieur de son économie. Les responsables politiques étaient alors en capacité d’exercer pleinement leur pouvoir sur le fonctionnement de l’appareil économique du pays. Lorsque des accords de coopérations étaient signés entre les pays, ils l’étaient en étroite relation entre le pouvoir politique et les responsables des entreprises elles-mêmes.

              Aujourd’hui, si la relation entre ces deux importantes entités demeure, elle n’est plus de la même nature. Nous devons cela précisément à l’ouverture des frontières et à son impact sur le fonctionnement des économies nationales. Le terme de mondialisation qualifie précisément le fait que les solutions aux grandes questions politiques, économiques et financières sont nécessairement mondiales, parce que le champ d’intervention des unes et des autres ne relève plus d’une ou de quelques nations, mais d’un plus grand nombre. C’est un mouvement qui ira en s’amplifiant et qui concernera un nombre croissant de pays, et pas seulement des pays développés. Il n’est que d’observer l’OPA en cours de Mittal Steel sur Arcelor.

              Dans cette perspective, il est absolument indispensable que les responsables politiques et économiques des puissances développées occidentales se préparent à la multiplication des initiatives d’OPA en provenance de pays tels que la Chine, l’Inde, le Brésil et d’autres encore. Demain, contrairement à ce qui s’est produit jusqu’à aujourd’hui, les opérations visant à prendre le contrôle des entreprises occidentales trouveront leur origine dans ces m��mes pays en fort développement. Pourquoi ce mouvement ? Tout simplement parce que le développement de pays tels que la Chine ou l’Inde est considérable, car il intervient sur des marchés où la population est supérieure au milliard d’habitants ! Même si le pouvoir d’achat n’y est pas comparable avec celui des pays développés, le développement économique est tel qu’il génère des entrées de capitaux considérables, dont une part grandissante est alors placée dans les économies occidentales. Ce phénomène s’observe aujourd’hui avec les excédents monétaires de la Chine, en direction des bons du trésor US ! Il est donc naturel de prévoir que ces excédents iront aussi vers des sociétés occidentales qui sont des leaders dans leur domaine de compétence et surtout si elles interviennent sur des secteurs porteurs. Si en plus les acquéreurs potentiels savent se montrer généreux vis à vis des actionnaires, les prises de contrôle peuvent en être alors grandement facilitées.

              Ainsi, la mondialisation qui est en route, continuera à bouleverser, chaque jour davantage, la conception des relations politiques et économiques internationales qui a prévalu pendant bien des décennies dans le monde et en Europe en particulier. C’est une constante qu’il faut admettre et qu’il faut intégrer dans le fonctionnement des économies de demain. Ce vaste mouvement trouve un effet d’amplification par le truchement du développement de l’information.

              Ainsi, ouverture des frontières et développement des moyens de communication sont deux vecteurs fondamentaux qui, soyons en convaincus, contribueront largement à faire entrer l’humanité dans un nouvel âge.

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 24 février 2006.