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La Lettre n°22 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°13&14/2006 -

Quelle croissance au cours des prochains 18 mois ?

               Évoquer la question de la croissance économique d’un pays ou d’un ensemble de pays représente un exercice délicat et ce pour plusieurs raisons. Cependant, il est important de conduire cette réflexion périodiquement, car c’est indispensable lorsque l’on veut ou lorsque l’on souhaite se projeter à un horizon de court moyen terme. C’est précisément ce que nous nous proposons de faire dans les prochaines lignes.

              Nous pensons qu’au cours de l’année 2006, l’économie mondiale connaîtra une croissance proche de celle que nous avons observée au cours de l’année 2005, dans une fourchette comprise entre 4,5 et 4,7, soit 0,1 à 0,3 au-dessus de l’année dernière. Cette dynamique mondiale trouvera sa justification dans le rythme élevé de trois économies majeures actuellement : celle de la Chine, des Etats Unis et du Japon. Par ailleurs, leur proximité géographique avec des pays aux économies conséquentes, en terme de valeur de production, sera de nature à soutenir l’ensemble de l’activité économique internationale. Nous pensons en particulier à des pays tels que la Thaïlande, l’Indonésie, l’Australie, ainsi que le Canada.

              Plus près de nous, en Europe, il faudra très certainement compter avec l’Allemagne. En effet, si l’on compare les statistiques économiques récentes avec les projections des instituts de prospective d’outre-rhin effectuées sur le reste de l’année 2006, on devrait assister à un accroissement sensible de la richesse intérieure. A ce propos, il faut se souvenir que la dernière année où l’Allemagne a connu une croissance supérieure à 2%, c’est en 2000. Les projections tablent aujourd’hui sur une croissance proche de 1,5%. Ainsi, compte tenu du poids de la première puissance exportatrice mondiale dans l’union européenne, il est acquis que la croissance de cette dernière sera, cette année encore, largement distancée par celle des trois autres puissances citées précédemment.

              Le fait que l’union européenne continue à être, depuis quelques années maintenant, régulièrement distancée par ces trois autres grands ensembles en termes économique et financier, est relativement inquiétant. Le solde des balances commerciales des principaux pays qui constituent l’UE en témoigne. Or, ces excédents commerciaux sont synonymes, pour les puissances exportatrices excédentaires, de rentrées de devises et donc un soutient fort à leur monnaie. Enfin, mais ce n’est pas le seul critère, la faiblesse des économies européennes comparée à celle des Etats Unis, de la Chine et du Japon, révèlent à réelle incapacité à s’adapter au nouvel environnement international.

              En outre, compte tenu du resserrement des politiques monétaires engagé aux Etats Unis et en Chine, laissent entrevoir un probable ralentissement économique dans ces pays. Cette situation exercera de fait, un effet sur les économies du Vieux Continent. Le Japon connaîtra un probable resserrement de ses taux d’intérêt, même si ces derniers restent inférieurs, en valeur, à ceux des autres puissances économiques. Enfin, le lien étroit qui prévaut actuellement entre la Chine et les Etats Unis, conduira aussi à une vigilance accrue de la part des autorités nippone. N’oublions pas que la Chine est le principal souscripteur des emprunts US, lesquels sont absolument indispensables pour soutenir le colossal déficit de l’économie de l’Oncle Sam.

              Ainsi, après une projection de 3,5% de l ‘économie américaine en 2006, elle devrait baisser de 0,2 à 0,4 points en 2007. Le PIB chinois devrait, quant à lui, passer d’un rythme prévisionnel de 9% pour cette année, à un rythme proche de 8% l’année prochaine.

              Enfin, s’agissant de la France et des principaux pays de l’union européenne, dans une perspective plus rapprochée, les chiffes des deux prochains trimestres seront déterminants pour espérer assister à un éventuel « rallye » de fin d’année. Une reprise pérenne de l’économie allemande en 2006, représenterait un puissant soutien à la croissance de l’économie française.

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 01 avril 2006.