Cabinet en gestion de patrimoine

Accueil Ouvrages Le cabinet JPMFG Contactez-nous Sites recommandés

La Lettre n°23 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°15&16/2005 -

Pétrole, matières premières, cours de bourse… (1/2)

Partie 1
Partie 2

              Un choc pétrolier, c’est une crise économique qui trouve son origine dans une augmentation brutale des cours du pétrole. C’est ainsi qu’en décembre 1973, l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) avaient décidé d’un quadruplement soudain du prix du brut. Cette décision, relayée dans le courant de l’année 1979 par une deuxième augmentation significative du prix du pétrole, avait entraîné une grave économique internationale. Les conséquences ont été nombreuses et perceptibles dans la plupart des domaines de la vie courante : augmentation du prix des matières premières, déficits importants des balances commerciales et des paiements, inflation, perte de pouvoir d’achat salarial, restructurations industrielles, accroissement significatif du chômage, crises sociales et politiques nombreuses, mise en place de politiques de sécurité des approvisionnements énergétiques et d’indépendance énergétique, développement de l’énergie nucléaire… En un mot, les deux chocs pétroliers ont entraîné des conséquences à la fois graves et difficiles pour l’ensemble des économies de la planète. Aujourd’hui encore, bien des séquelles d’hier sont encore perceptibles.

              Cependant, trente deux années se sont écoulées depuis cette nuit de décembre 1973, au cours de laquelle a été décidé le quadruplement du prix du baril de pétrole. Tout n’a pas té fait pour éviter que cette situation se reproduise dans le futur, mais beaucoup a été fait. L’environnement international a changé, en termes politiques comme en termes économiques. Les restructurations qui s’opèrent aujourd’hui trouvent leur justification dans l’avènement de la mondialisation, c’est à dire dans l’ouverture des frontières et dans l’accroissement du commercial mondial qu’elle induit. Au cours de ces trente deux années, les institutions monétaires se sont renforcées. Elles ont mis en place des structures concertées afin de permettre aux économies ouvertes d’être en mesure de faire face aux déséquilibres financiers internationaux induits par une augmentation significative du prix du pétrole et de certaines matières premières « sensibles ». Depuis la fin de l’année 1973, une nouvelle unité monétaire est née avec l’euro, expression de la volonté de la France et de l’ex-RFA, rendant le dollar moins dominateur, même si la monnaie de la première puissance mondiale permet de libeller plus 50% des échanges internationaux et représente près de 40% des réserves de change mondiales. Enfin et c’est un point important, de nouveaux acteurs sont apparus dans le fonctionnement de l’économie mondiale : la Chine, l’Inde, le Brésil, contribuant ainsi à un accroissement supplémentaire et significatif de la demande en produits énergétiques et en matières premières. Ces trois pays doivent satisfaire des besoins considérables en terme de pétrole, d’acier, de cuivre, de charbon, d’électricité. Ils ont doivent aussi répondre à leur demande interne : produits agricoles, manufacturés, de consommation... Hier, c’est à dire il y a trente deux ans, la Chine était un pays sous développé qui vivait en économie fermée. Quant à l’Inde et au Brésil, c’étaient des pays en voie de développement, longtemps appelés aussi pays du sud ou pays non-alignés. Aujourd’hui, le premier connaît une croissance annuelle de son PIB de plus de 10% !

              Ainsi, l’environnement international d’aujourd’hui est difficilement comparable avec celui qui prévalait au moment de ce que l’on a appelé le premier « choc pétrolier ». Aujourd’hui, le prix du pétrole a atteint un niveau élevé et durable. Peut-on demander aux Chinois ou au Brésiliens de se restreindre dans leurs dépenses en biens durables et de consommation, au prétexte que les consommateurs Français, Australiens ou Américains n’acceptent pas de payer le renchérissement du coût des matières premières que leurs entreprises importent ? Ces mêmes Chinois ou Brésiliens, comme les habitants de pays eux aussi en phase de développement, sont ils prêt à retarder leur développement économique et à renoncer à l’amélioration de leur cadre de vie quotidien ? A l’évidence non, d’autant qu’un élément qui n’existait pas en 1973 s’est invité aujourd’hui au « tour de table » : la raréfaction et donc l’extinction des énergies fossiles, donc du pétrole.

              Le prix du baril de pétrole à augmenté de près de 120% depuis le mois de janvier 2004. Depuis le début de la guerre du Koweït, au début des années 90, il était resté assez stable. L’augmentation à laquelle nous assistons depuis ces dernières semaines, peut se rapidement se révéler inquiétante pour la croissance économique, notamment celle de l’Europe. En effet, outre le fait que cette augmentation soit motivée par l’accroissement de la demande intérieure de certains pays en forte croissance comme la Chine, elle intervient dans un environnement politique international tendu, avec la crise du nucléaire iranien et les risques de conflit armé qu’elle induit. Par leur persistance, ces facteurs sont de nature à entraîner des conséquences sur les places boursières internationales. Par ailleurs, cette situation se déroule sur des marchés où les liquidités abondent, en raison notamment de l’accroissement du prix du pétrole !

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 15 avril 2006.