Cabinet en gestion de patrimoine

Accueil Ouvrages Le cabinet JPMFG Contactez-nous Sites recommandés

La Lettre n°24 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°17&18/2005 -

Pétrole, matières premières, cours de bourse… (2/2)

Partie 1
Partie 2

              Le pétrole est une des matières premières dont on parle le plus souvent, qu’il soit cher ou qu’il ne le soit pas. Les raisons sont multiples et variées : matière première indispensable au fonctionnement quotidien de l’économie mondiale, nombreuses utilisations dans l’industrie et le commerce, réserves limit��es et de plus en plus rares, exploitation requerrant de plus en plus de technicité dans l’exploitation des gisements profonds, transactions de plusieurs dizaines de milliards de dollars quotidiennement… Ces quelques raisons suffisent à elles seules pour expliquer les répercussions politiques, économiques et financières qu’induit l’exploitation de cette matière première indispensable.

              Depuis quelques jours, le prix du baril de pétrole a atteint et dépassé la barre symbolique des 70 dollars. Cette situation est la conjugaison de différents facteurs, endogènes et exogènes à l’industrie du pétrole. Parmi eux, un certain nombre me paraissent devoir être utilement précisés.

              Au moment où les économies américaines et chinoises confirment la vigueur de leur économie, en tournant à la limite de la surchauffe pour ce qui est de la seconde (10% en rythme annuel), il convient de comprendre que cela ne peut pas être sans conséquences sur le prix des matières premières, nécessaires et indispensables au bon fonctionnement des économies mondiales. Un produit est cher quand il est rare, lorsque apparaît un déséquilibre entre son offre et sa demande. C’est très exactement ce qui se produit aujourd’hui avec le pétrole, comme avec d’autres matières premières indispensables au bon fonctionnement des économies internationales. Ainsi, lorsque les médias rappellent que le prix du pétrole est élevé, il convient de dire que toutes les matières premières sont aujourd’hui chères et le resteront tant que la demande restera durablement supérieure à l’offre. Ainsi, il en va pour le gaz, le cuivre, l’argent et l’or, ce dernier étant de plus en plus recherché par l’industrie électronique : téléphones portables, microprocesseurs, ordinateurs, lecteurs…

              S’agissant du prix du pétrole, outre le niveau élevé de la demande, un certains nombre de facteurs exogènes à son exploitation concourent à sa rareté et donc … à sa cherté : faiblesse de la production Irakienne, Nigérienne, Vénézuélienne pour des raisons politiques, économiques et sociales ; tensions sur le marché Iranien et sur le marché Bolivien. Il est indispensable d’intégrer ces facteurs, pour bien comprendre le fonctionnement du marché des matières premières en général, et celui du pétrole en particulier.

              Enfin, il convient de rappeler que le total des crédits consentis par le Fonds Monétaire International (FMI) représentent aujourd’hui un encours de près de 35 milliards de dollars, c’est à dire un niveau faible eu égard à l’activité, en volume comme en valeur, du commerce mondial. Ce niveau d’engagement du FMI est à rapprocher de celui qui prévalait au début des années 80. C’est surtout la traduction de la baisse de l’endettement des états. Souvenons-nous des endettements colossaux de certains pays d’Amérique Latine tels que l’Argentine, le Brésil et un certains nombre d’autres du Sud Est asiatique.

              Un nouveau monde est entrain de naître sous nos yeux. Intégrons cette réalité avant de laisser la place à la critique qui, quelle qu’en soit son expression, sera vaine.

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 22 avril 2006.