La Lettre n°32 de Jean-Pierre
Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°40/2006 -
Quelles conséquences à l'évolution du marché de l'immobilier US ?
La proximité grandissante
qui prévaut désormais entre
les économies, est
l’expression de
l’interaction qui est née de
l’ouverture des frontières.
Cette situation a comme
conséquence de lier, chaque
jour davantage, les
économies les unes aux
autres. Il n’est donc pas
étonnant à ce que lorsqu’un
déséquilibre macro
économique apparaît dans un
pays, il entraîne des
répercussions dans un
certain nombre d’autres. Ce
phénomène est d’autant plus
marqué lorsqu’il s’agit
d’une économie de la taille
de celle des Etats Unis.
Le marché immobilier US
connaît actuellement un
ralentissement. Les
dernières statistiques du
Département du
Commerce montrent que les
mises en chantier de
logements ont reculé de 6%
en août. Sur un an, la
baisse sur ce secteur
sensible s’inscrit à 19,80%.
Les stocks de logements
neufs ont, quant à eux,
progressé de près de 22% au
cours des douze derniers
mois. Ces chiffres sont loin
d’être négligeables, en
raison des répercussions de
ce secteur d’activité
économique en terme de
consommation et de soutien
de l’activité intérieure.
Sur la côte ouest, le
chiffre des invendus atteint
près de 40% en glissement
sur ces deux dernières
années.
Si cette tendance se
confirme, et on voit mal
quel facteur déterminant
pourrait l’infléchir, ces
changements entraîneront
plusieurs conséquences sur
l’activité US. Morgan
Stanley évalue le préjudice
d’une baisse d’activité dans
le secteur du bâtiment à 0,5
point en terme de croissance
annuelle du PIB. C’est
l’impact annuel qu’aurait
induit le secteur de
l’immobilier sur l’activité
des Etats Unis au cours des
trois dernières années. Le
second impact est lié à ce
que l’on appelle « l’effet
richesse ». Depuis le
début des années 2000, les
ménages qui ont investi dans
la pierre ont le sentiment
de s’être enrichi, soit
parce qu’ils ont
effectivement réalisés une
ou des opérations
immobilières, soit parce
qu’ils ont utilisé la
valorisation de leur bien
pour accroître leur surface
patrimoniale et donc leur
endettement. Or, il faut
savoir que « l’effet
richesse » a son
penchant : c’est « l’effet
richesse à l’envers »,
c’est à dire un
appauvrissement des ménages.
De la même manière que
l’accroissement du prix d’un
bien immobilier, au cours
d’une période (n), conduit
son propriétaire à mesurer
qu’il s’est enrichi, une
baisse significative du dit
bien conduit ce même
propriétaire à remarquer
qu’il s’est appauvri. Les
conséquences sont alors
nombreuses et produisent un
impact sur la consommation
des ménages et donc, sur
l’activité intérieure. Cette
situation est d’autant plus
redoutable dans les pays
anglo-saxons que les
consommateurs ont très
souvent recours à l’emprunt.
Dès lors, si la situation ne
s’inverse pas, les
consommateurs US réduiront
leur consommation et la
croissance s’en trouvera
atteinte.
Cette situation nouvelle
entraînera des répercussions
sur l’activité des
principales économies du
monde, et en premier lieu
sur la zone de l’Euro land.
Si l’on ajoute à cela le
fait que
Il faut toujours se souvenir
que le développement
économique est constitué de
cycles, croissants et
décroissants, assortis de
durées variables. Celui de
l’immobilier fait partie
intégrante de ceux-là.
Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.
Achevée le 06 octobre 2006.