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La Lettre n°35 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°44/2006 -

Vers une amélioration des déficits budgétaires en Europe ?

              Depuis plusieurs semaines, la presse nous parle de surplus fiscaux. De quoi s’agit-il exactement ? 

              Lorsque les responsables gouvernementaux préparent le budget pour l’année suivante, ils tablent sur un certain montant de recettes et de dépenses : c’est la loi de finance initiale. Si les recettes sont supérieures aux dépenses, on dit que le budget est excédentaire. Dans le cas contraire, on dit qu’il est déficitaire. Au cours des années qui ont suivi les deux chocs pétroliers de 1973 et de 1979, les lois de finances ont été à nouveau déficitaires, expression d’une volonté politique pour tenter de corriger les déséquilibres économiques internationaux. Les déficits étaient alors considérés comme contenus par les responsables gouvernementaux, puisqu’ils ne représentaient que quelques points de la richesse intérieure produite (PIB). Le déficit budgétaire était la conséquence visible de la mise en œuvre d’une politique Keynésienne, une politique de relance dans laquelle l’Etat exerçait une influence déterminante. L’Etat français a engagé d’importants programmes de travaux dans les domaines où il exerçait une action directe et lisible : travaux publics (réfection de routes, de plates-formes aéroportuaires), infrastructures et équipements (Titre V) pour la défense, importants programmes de réfection et construction de logements sociaux … Ce fût particulièrement le cas avec le plan de relance significatif qui a été décidé et mis en œuvre par Jacques CHIRAC en 1975, alors Premier Ministre du Président Valéry Giscard d’Estaing. A cette époque, les conséquences d’un plan de relance étaient particulièrement significatives en terme d’activité pour les entreprises et donc de création d’emplois. La fin des années 70 représente surtout le début de la l’accroissement significatif de la courbe du chômage dans les économies ouvertes des pays membres de l’OCDE, dont l’Europe. 

              Aujourd’hui, trente ans plus tard, la situation des finances des Etats n’a plus rien de comparable avec celle qui prévalait alors. Les déficits des Etats sont significatifs et représentent, pour la plupart d’entre eux, plus de 50% du PIB. Le taux de chômage qui en 1980 en France était de 6,3%, a atteint 12,10% en 1994 ! Au Royaume Uni, il était de 4,8% en 1980 et a connu un maximum de 10,50%en 1986. S’agissant du budget de l’Etat, alors qu’il a été excédentaire (+ 0,10%) en 1989, il s’est établi à -3,90% en 2005 pour l’Allemagne. Pour ce qui concerne la France, alors que le dernier exercice à l’équilibre a été celui de l’année 1980, le déficit budgétaire a atteint 3,50% du PIB au titre de l’année 2005. Il a représenté 5,90% de ce même PIB en 1993 ! (a) 

              Aussi les modestes surplus de recettes fiscales observés au titre de l’actuel exercice budgétaire, doivent être considérés comme particulièrement utiles au désendettement de l’Etat qui, au 31 décembre 2006, atteindra près de 1 100 milliards d’euros, hors collectivités locales, hôpitaux publics et retraites des fonctionnaires ! C’est ainsi qu’en Allemagne, l’Etat fédéral devrait récolter plus de 10 milliards d’euros au titre du prochain exercice budgétaire, après en avoir empoché plus de 8 milliards au titre de cette année. Cette situation vient à point nommé pour contribuer à faire descendre le déficit budgétaire. Quant à la France, son déficit budgétaire devrait atteindre 2,5% du PIB, après un 2,7% en 2006. (a) 

              Cette situation nouvelle dans la gestion des finances publiques, se révèle particulièrement utile dans la perspective d’un retour à un équilibre projeté des finances publiques des pays membres de l’Euro land, projeté pour le début de la prochaine décennie. Gageons que le ralentissement prévisible de l’activité économique mondiale pour 2007 ne viendra pas contredire durablement ce début de retour à davantage de « sagesse » dans la gestion des finances publiques des différents Etats. 

              

(a) Source : l’Expansion.

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 03 novembre 2006.