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La Lettre n°36 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°45/2006 -

Excédant commercial et monnaie : le cas de la Chine

              Selon un rapport du Ministère du Commerce, l’excédent commercial de la Chine devrait atteindre 150 milliards de dollars, contre 109,8 l’année dernière. Le China Daily rapporte dans son édition d’aujourd’hui, que le total des exportations chinoises devrait atteindre 960 milliards de dollars au 31 décembre 2006, soit une progression de 26%. Quant aux importations, elles devraient progresser de 22%, pour atteindre 810 milliards de dollars. 

              De tels chiffres sont de nature à qualifier les conditions dans lesquelles « tourne » l’économie du pays le plus peuplé au monde ( 1 306 millions d’habitants) (a). Tous les étudiants en sciences économiques apprennent les conséquences qui procèdent d’un excédent ou d’un déséquilibre prolongé de la balance commerciale et de la balance des paiements courants d’un pays. Cela conduit à une appréciation de la monnaie du pays, par rapport à celles du reste du monde et en particulier vis à vis de celle de ses principaux acheteurs. C’est aujourd’hui le cas pour la Chine, à l’égard des Etats Unis et, dans une moindre mesure, avec les pays de la zone de l’Euro land. 

              Une situation comme celle que connaît la Chine aujourd’hui ne peut se pérenniser, sans entraîner l’émergence de déséquilibres durables, en terme de volume de flux monétaires internationaux. Le premier effet induit d’une balance commerciale durablement excédentaire conduit mécaniquement à une évaluation de la monnaie. Actuellement, les autorités monétaires chinoises « freinent » cette montée endogène de la valeur de leur monnaie, de manière à ne pas pénaliser les exportations chinoises sur les marchés extérieurs mais aussi, les prix des biens importés sur leur marché intérieur ! Depuis de nombreux mois, les principaux partenaires commerciaux chinois exhortent les autorités le pays du Soleil Levant à laisser le yuan s’apprécier naturellement, permettant ainsi  une expression réelle de la monnaie intérieure chinoise.  

              L’autre conséquence de cet important excédent commercial de la Chine, c’est l’utilisation qui est faite des capitaux qui se retrouvent ainsi déposés dans les banques chinoises, par les entreprises exportatrices du pays. Une part significative d’entre eux se retrouve dans les coffres du Trésor US, permettant ainsi de satisfaire les besoins monétaires considérables, nécessaires au fonctionnement de l’administration fédérale, de la première économie du monde. Le déficit budgétaire s’est établi à -3,7% du PIB au titre de l’année 2005 (a).  

              Même si les intérêts de ces deux puissances sont aujourd’hui convergents, il est certain que cette situation ne pourra pas s’installer durablement. Le changement politique intervenu la semaine dernière au Congrès US, conduira les démocrates à davantage d’orthodoxie face à cette inquiétante question du déficit budgétaire de leur pays. L’inévitable réexamen de la politique extérieure de l’administration du Président Georges BUSH, conduira à une autre approche de la question Irakienne et donc, à un début de désengagement de cette partie du monde où est née l’Antiquité, période charnière de l’histoire de l’humanité qui a bouleversé l’histoire du monde.

(a). Source : l’Expansion.

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 11 novembre 2006.

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