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La Lettre n°40 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°49/2006 -

La banque centrale Européenne (2/2)

Présentation
Incontournable
Quel avenir (1/2)
Quel avenir (2/2)
Baisse dans la collecte des contrats d'assurance vie

              Il est très vraisemblable que le thème de l’autonomie de la Banque Centrale Européenne (BCE) s’invitera dans le débat qui accompagnera la prochaine campagne présidentielle française. C’est une question rcurrente dans le débat de politique intérieure en France, comme dans quelques autres pays qui constituent l’Euro land. 

              En dépit des premières prises de position des « principaux » leaders de la campagne présidentielle française, les faits sont tenus. Sur cette difficile question de l’autonomie de la Banque Centrale Européenne (BCE), les capacités d’action du futur(e) Président(e) seront à l’évidence étroitement limitées et encadrées par aux moins deux grands points, que sont respectivement : le Traité de Maastricht et les conditions de sa révision, au sein des 25 pays membres de l’Union, 27 à compter du 1er Janvier 2007. Le Président de l’UMP, Nicolas Sarkozy, la candidate du Parti Socialiste, Ségolène Royal, comme le Président de l’UDF, François Bayrou, savent bien qu’ils n’auront aucune possibilité d’action personnelle et directe sur un éventuel changement de statut de la BCE. On peut légitimement le regretter. Celui ou celle qui sera élu(e) devra composer avec les autres chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union, conformément aux dispositions du Traité de Maastricht. 

              Pour comprendre quelques unes des raisons qui ont conduit les rédacteurs du Traité à confier aux membres de la Banque Centrale Européenne de veiller à la stabilité des prix au sein de la zone euro, il faut se souvenir de l’environnement économique qui prévalait au moment de la ratification du Traité, au sein des économies de la Communauté Européenne. L’Europe, comme le reste du monde, sortaient depuis peu de près de vingt années économiques et sociales difficiles, caractérisées par une importante inflation qui avait conduit à la mise en œuvre de profondes réformes structurelles et dont certaines de leurs conséquences sont perceptibles aujourd’hui encore çà et là à travers le monde. Cette période a entraîné d’importantes et graves conséquences dans le fonctionnement de l’ensemble des économies de la planète, développées ou pas, les plus fragiles ayant été encore plus atteintes que les autres : Argentine et Mexique aux prises avec de graves problèmes de remboursement d’une dette abyssale ; pays en voie de développement ou sous-développés en proie avec des taux d’inflation à deux voir trois chiffres ; taux d’intérêts prohibitifs qui ont conduit à des émissions obligataires supérieures à 15 % ( !) au cours des années 80 (cf./USA sous la Présidence de R. Reagan) ; réunification allemande… En outre, il convient ajouter un élément important qui a pesé significativement dans le débat politique, lorsque furent décidées les prérogatives de la future Banque Centrale : l’orthodoxie des responsables politiques allemands sur la question de stabilité monétaire et de la maîtrise de l’inflation. La puissance du mark conférait alors à la deuxième puissance exportatrice mondiale une respectabilité incontestable et incontestée sur l’ensemble des marchés internationaux. Ce n’est donc pas un hasard si l���Allemagne (ex-RFA) a pesé de tout son poids dans la définition de la principale mission des responsables de l’actuelle BCE. 

              Cest la raison pour laquelle je pense que, dans la perspective d’une très hypothétique redéfinition des missions actuelles de la Banque Centrale Européenne, il sera difficile voire impossible de remplacer la principale d’entre elles qui est celle de veiller à la stabilité des prix au sein de la zone euro. En revanche, je pense qu’il sera plus « facile » de lui en confier d’autres, à l’instar de celles qu’exerce la Réserve fédérale US.  

              Quelle que soit l’issue de cette éventuelle et difficile modification des missions de la Banque Centrale Européenne il s’agit, à l’évidence, d’une question politique pour le moins passionnante qui s’invitera de manière récurrente, dans le débat politique français et européen, au cours des prochaines années.

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 15 décembre 2006.