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La Lettre n°46 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°48/2006 -

Second sommet de l'Asie orientale : expression d'une monde nouveau

              Le 13 janvier dernier s’est ouvert à Cebu, aux Philippines, le 12ème sommet de l’Association des nations d’Asie du Sud Est Asiatique (ASEAN). Elle rassemble dix pays asiatiques : la Birmanie, Brunei, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam.  L’ASEAN a été créée en 1967 par un premier groupe de cinq nations (a). Par la suite d’autres nations ont rejoint cette importante organisation économique et politique : Brunei en 1984, le Vietnam en 1995, le Laos en 1997, Myanmar (ex-Birmanie) en 1997 et le Cambodge en 1997.

              L’organisation de l’ASEAN est assez proche de celle de l’Union Européenne. Elle fonctionne sur le principe d’une présidence tournante qui comprend les chefs d’Etat et de gouvernement ASEAN, un comité permanent, des conférences ministérielles des Etats membres et enfin un certain nombre de commissions spécifiques (transports, pêche, agriculture, commerce, sécurité…). Le poids de l’ASEAN est loin d’être négligeable. Quelques chiffres pour situer cette importante association politique en 2006 : près de 900 milliards de dollars en terme de PIB ; une population d’environ 570 millions d’habitants ; près de 30 milliards d’investissements étrangers. L’objectif des dirigeants de l’ASEAN est de parvenir à la constitution en 2010 d’une vaste zone de libre-échange entre les six membres fondateurs et, en 2015, avec l’ensemble des pays membres actuels. Le poids de la Chine sur l’échiquier mondial et en particulier au cœur de cette région du monde explique la signature avec les pays membres de l’ASEAN, d’un important accord de libéralisation des services au cours de ces journées de rencontre.

              Lundi, les membres de l’ASEAN ont été rejoints par les représentants de six autres pays, partenaires privilégiés : l’Australie, la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, le Japon et la Nouvelle Zélande. Ensemble, ils ont participé au 2ème sommet de l’Asie orientale. Au total, ce sont seize pays qui se sont réunis à Cebu.

              Le programme de la conférence qui s’est réunie ce week-end s’est articulé autour de trois axes de travail : la création d’un marché commun, la lutte contre le terrorisme et l’instauration d’une Charte unitaire. La France a fait preuve de clairvoyance politique, en exprimant son intérêt pour ces différentes questions. Samedi elle est devenue le premier pays Européen a se lier à l’ASEAN, par un traité de coopération initié par le Président Chirac. La charte s’apparente à une sorte de constitution à l’instar du Traité de Rome qui est né dix ans avant la naissance de l’ASEAN par les cinq membres fondateurs. Une des principales préoccupations de l’ASEAN aujourd’hui, c’est de parvenir un jour à « fédérer » l’ensemble des pays membres, car trop de différences caractérisent encore certains pays par rapport à d’autres. L’adoption de cette Charte permettrait de donner une véritable dimension politique au reste du monde. Jusqu’à aujourd’hui, les membres de l’ASEAN ont toujours été consensuels les uns par rapport aux autres, sur des questions capitales telles que celles de la junte Birmane au pouvoir, du régime Cambodgien des khmers rouges, du régime communiste au Vietnam.

              Ainsi, par le biais de rencontres à caractère économique et commercial, on perçoit l’émergence prochaine d’une vaste zone de libre échange, dans cette importante partie du monde qui a donné naissance aux mathématiques, il y a plusieurs millénaires. C’est ce que j’explique dans mon dernier livre(b) consacré à ce monde nouveau qui est entrain d’émerger et qui nous conduira, à l’horizon de la seconde moitié du 21ème siècle, à vivre dans un autre monde, dont l’organisation sera fondamentalement différente de celle qui, aujourd’hui encore, prévaut depuis plusieurs siècles. Le poids de cette vaste zone de libre échange est tout simplement considérable. Elle constituera alors la première zone géographique et politique du monde (c). L’Europe et singulièrement la France doivent en être à la fois pleinement conscients et particulièrement vigilants face à son émergence et à au poids significatif qu’elle représentera dans la conduite des affaires du monde, au cours de ces prochaines décennies.

(a) Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande.

(b) France : une ambition pour un monde nouveau.

(c) Australie, Brunei, Cambodge, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Japon, Laos, Malaisie, Myanmar, Nouvelle Zélande, Philippines, Singapour, Thaïlande, Vietnam.

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 17 janvier 2007.