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La Lettre n°55 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°16-17/2007 -

La monnaie

              La monnaie est un instrument qui, en raison de sa spécificité, est toujours au cœur des débats politiques. Ce fût notamment le cas en France, à l’occasion de la campagne qui s’achèvera par l’élection d’un nouveau ou d’une nouvelle Président(e) de la République, le 6 mai prochain.

              L’euro est né en 1992 de l’adoption, par les membres de l’Union Européenne, du Traité de Maastricht. Il est donc aisé de comprendre que ce n’est qu’après une éventuelle modification de ce dernier, que les missions de la Banque Centrale Européenne (BCE) pourraient être changées, à condition que cette retouche du traité soit accepté par l’unanimité des membres de l’Union ! Ce n’est donc pas acquis en l’état actuel de l’environnement politique européen.

              Il est raisonnable de dire que si l’euro a atteint récemment un nouveau record historique en terme de parité face aux autres monnaies internationales que sont le dollar et le yen, ce n’est pas du à la politique qui est conduite par les membres de la BCE, mais en raison de la faiblesse des deux autres monnaies concurrentes. Il est assez regrettable qu’un certain nombre de responsables politiques français déclarent fréquemment que la monnaie de la zone euro est forte, c’est de la responsabilité du Président de la Banque Centrale. L’explication est toute autre. Il est vrai que la force de l’euro par rapport aux autres grandes monnaies internationales, constitue naturellement un handicap à un moment où la reprise dans la zone euro est à la fois récente et fragile. Les attaques dont fait régulièrement l’objet le Président Trichet ne sont pas justes. En effet, les raisons qui font que l’euro est fort par rapport à la devise américaine et à la devise japonaise, c’est parce que ces deux dernières sont faibles.  Les raisons qui conduisent à la faiblesse actuelle du dollar sont multiples et trouvent, pour l’essentiel, leur explication dans l’éclatement de la bulle internet  qui s’est produit au début de la décennie. Le sur-endettement des ménages outre-atlantique, le déficit abyssal du commerce extérieur US, le déficit budgétaire sont autant de raisons qui contribuent à l’affaiblissement actuel de la devise américaine. 

              S’agissant de la monnaie du Japon, une partie de l’explication qui caractérise la faiblesse du yen se trouve dans le fait que des résidents empruntent des yens à des taux d’intérêt extrêmement bas (inférieurs à 2%), pour ensuite effectuer des placements en euro ou en livre sterling ! C’est une pratique facile à réaliser qui contribue à créer, de manière significative, un déséquilibre de la monnaie japonaise.

              Ainsi, à travers ces quelques explications on comprend mieux combien l’analyse qui est faite par certains responsables politiques français à propos de l’euro fort est fausse. Pour autant, se serait une erreur de considérer qu’il n’y a que des avantages pour les habitants de la zone euro à disposer d’une monnaie forte, même si l’approvisionnement énergétique s’en trouve aujourd’hui facilité. Il faudrait que les grands argentiers de la planète se réunissent autour d’une même table, pour convenir d’une autre organisation des marchés monétaires. Mais il est fort peu probable qu’une telle conférence voit le jour dans un avenir proche, sans compter que la Chine n’y aurait aucun intérêt, elle qui dispose d’une monnaie notoirement sous-évaluée, au regard de l’importance que représente son économie dans le concert des nations !

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 27 avril 2007.

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