La Lettre n°63 de Jean-Pierre
Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°27&28/2007 -
Sommes-nous en présence d'une bulle spéculative sur les marchés Asiatiques ?
Au terme d’une de ces nuits
chaudes comme en connaît le
sud-est asiatique, le jour
est entrain de se lever sur
Bangkok. Nous sommes le 2
juillet 1997 et la journée
qui s’annonce va bouleverser
la vie de millions
d’asiatiques. Depuis 7H00,
les radios du petit royaume
Thaïlandais diffusent en
boucle la décision que les
autorités monétaires du
pays ont pris dans le
courant de la nuit : elles
ont décidé d’abandonner le
système de change fixe. Le
baht thaïlandais, qui était
accroché au dollar depuis
près de quatorze ans, flotte
désormais librement sur le
marché des changes
internationaux. Il perdra
près de 18% de sa valeur au
terme de cette journée
automnale. Personne ne
pouvait prévoir que cette
région du monde allait vivre
la plus terrible crise
financière et économique de
son histoire. D’autres
journées, aussi difficiles,
suivront ce premier mercredi
du mois de juillet 1997, qui
mettra un terme à des taux
de croissance annuels
supérieurs à 10% et à une
période d’argent facile et
l’apparition d’importantes
créances douteuses.
Dix ans plus tard,
sommes-nous en présence
d’une bulle spéculative sur
ces mêmes marchés
asiatiques ? Depuis
plusieurs années, la plupart
des bourses asiatiques
affichent des progressions
d’indices qui sont de nature
à complexer leurs grandes
sœurs que sont New York,
Tokyo, Londres, Francfort ou
Paris. Dix années se sont
écoulées et la
mondialisation est devenue
une réalité concrète : les
frontières se sont ouvertes,
les échanges commerciaux se
sont amplifiés, les
transferts de populations de
sont accrus et la réactivité
politique, économique et
financière est devenue une
constante, vécue au
quotidien par un nombre sans
cesse croissant d’habitants.
Un certain nombre de
similitudes avec les
dernières années du deuxième
millénaire existent.
Les principaux marchés
financiers de la vaste
économie monde qui s’étend
de la chaîne himalayenne à
la mer de Chine se sont
envolés et les bourses
asiatiques flirtent avec de
nouveaux records. En dépit
la contre-performance des
actions chinoises, observée
depuis quelques semaines, la
bourse de Shanghai a
progressé de plus de 30%
depuis le début de cette
année. Dix ans après cette
nuit de l’été 1997, qui a
plongé l’économie du Sud Est
asiatique dans une très
grave économique et
financière et atteint, par
effet de ricochet, le reste
des places financières de la
planète, les fondamentaux
économiques et financiers
sont à la fois plus sains et
différents. La situation
financière des pays
asiatiques est bien
meilleure ; les comptes
extérieurs sont largement
excédentaires, la plupart
des comptes publics sont à
l’équilibre. C’est le
secteur de l’immobilier qui,
comme aux Etats Unis ou en
Europe (Royaume Uni,
Espagne), pose des
interrogations. Le fait que
les principales banques
centrales des pays membres
de l’ASEAN disposent de
liquidités considérables
permet de dire que les
autorités politiques de ces
pays pourraient intervenir
sur les marchés pour
soutenir leur monnaie. Avec
1 330 milliards de dollars,
Cette situation inédite a
souvent été évoquée par
l’ancien président de
Le développement de la
mondialisation conduira
inévitablement à la mise en
place d’une véritable
gouvernance mondiale.
Qu’adviendra-t-il des
parités des principales
devises du monde, si
C’est en cela que nous
paraît résider un des
principaux facteurs qui
pourraient conduire un jour,
à l’émergence d’une nouvelle
forme de crise financière
planétaire majeure.
Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.
Achevée le 07 juillet 2007.