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La Lettre n°7 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°41-42/2005 -

Croissance, inflation et … insolente zone asiatique !

              Mois après mois, le première puissance du monde nous apporte la démonstration de la solidité structurelle de son économie. Les chiffres sont éloquents : PIB (en données cumulées) en hausse à la fin du deuxième trimestre ; dépenses et revenus des ménages en hausse… Parmi les grands indicateurs qui rendent compte de la lisibilité de l’économie US, l’indice ISM (Institute for Supply Management) est un de ceux-là. En s’établissant en septembre à 59,4 contre 53,6 en août, il a surpris bien des observateurs économiques, que la plupart d’entre eux attendaient en repli à 52 points. 

              Cependant, il est vraisemblable que les conséquences des deux derniers ouragans se traduiront dans différents indices US au cours des prochains mois : activité, chômage, budget… Néanmoins, l’économie de la première puissance mondiale saura absorber ces deux dernières catastrophes naturelles. Katrina a développé une puissance dévastatrice telle que l’on n’en rencontre qu’une à deux fois par siècle ! C’est pour cela que l’on ne peut ni ne doit minimiser un tel impact qui, s’il s’était déroulé ailleurs dans le monde (Asie du sud est, Amérique centrale ou latine), les conséquences auraient été toutes autres. Nous pensons qu’en raison du degré d’intervention budgétaire de l’état US, à hauteur de 80 Mds US, elle aura un « effet multiplicateur » sur l’économie intérieure.

               Le point sur lequel il faudra toutefois prêter une attention toute particulière au cours des prochains mois, c’est celui de l’inflation. C’est précisément à cause des craintes qu’elle nourrit pour les prochains mois, que les différentes places financières ont terminé la semaine à la baisse. L’inflation reste un indicateur qui est de nature à contrarier durablement et profondément l’activité économique et financière du monde. Pour en mesurer les conséquences, il n’est que de se souvenir ou se reporter à la période inflationniste qui était apparue brutalement au lendemain des deux chocs pétroliers de 1973 et 1979 ! En France, comme dans bien des pays développés, elle s’est manifestée jusqu’au milieu des années 90. Il n’est que de se souvenir de l’emprunt d’état que le Premier Ministre Edouard Balladur avait lancé, avec succès, en 1994, assorti d’un taux nominal de 6% ! 

              La hausse des prix observée récemment aux Etats Unis et en Allemagne (inflation la plus élevée depuis plusieurs années), est inquiétante parce qu’elle atteint deux des trois premières économies de la planète ! Rappelons que l’Allemagne est le premier exportateur mondial. Ces chiffres récents de l’inflation sont la traduction que la hausse du prix des matières premières a maintenant atteint le fonctionnement des différentes économies. Les conséquences en seraient fortes et en tout premier lieu nous assisterions à une hausse plus importante des taux US. Dans ces conditions, la zone euro ne pourrait pas rester sans réaction, en raison du trop grand écart de taux que cela provoquerait. Cette inquiétude était perceptible dans une des dernières interventions de Jean-Claude Trichet. Le Président de la BCE s’est déclaré à la fois préoccupé et vigilant sur l’évolution du taux de l’inflation dans la zone euro. En cas de remontée rapide des principaux taux indicateurs de la BCE, il y aurait des traductions visibles dans le fonctionnement des différentes économies de l’Euroland.

               Le relatif immobilisme qui risque de s’installer en Allemagne, en raison de sa situation de politique intérieure, les prix élevés des matières premières et notamment de l’énergie et la volonté des autorités monétaires US de ne pas laisser « filer » l’inflation dans le pays, sont autant de facteurs qui pourraient contenir des éléments contrariants dans la poursuite de l’actuelle croissance économique des principales puissances mondiales.

               A l’opposé, le Premier Ministre Japonais, Monsieur Koizumi, a obtenu un véritable plébiscite à l’issue de la dernière consultation électorale qu’il a lui-même initiée. Ce résultat lui permettra d’engager son programme économique. Non loin de là, la Chine continue à évoluer sur des fondamentaux solides pour sa croissance économique.

               Autant de raisons qui conduiront les différents responsables politiques à demeurer vigilants et pragmatiques au cours des prochains mois.

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 08 octobre 2005.