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La Lettre n°82 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°50/2007 -

La Chine : la 3° puissance économique du monde

              Avec un excédent commercial prévisionnel de plus de 200 milliards de dollars au titre de l’année qui s’achève, le pays le plus peuplé au monde affichera, cette année encore, une situation économique qui est de nature à faire pâlir de jalousie plus d’un chef d’état.

              Les dernières projections économiques et financières nous apprennent qu’avec une croissance annuelle à deux chiffres (supérieure à 10% au titre de l’année 2007 alors qu’elle devrait être de moins de 2% pour la France), la Chine est en passe de devenir la 3ème puissance économique du globe, derrière les Etats Unis et le Japon, devançant ainsi l’Allemagne, le Royaume Uni et la France. Même si l’on peut considérer que l’économie chinoise est en surchauffe, son excédent commercial lui permet d’engranger, depuis plusieurs semestres, des excédents commerciaux considérables : +26,28 milliards de dollars au mois de novembre dernier (-3,08 milliards d’euros pour la France et +3,70 pour l’Union Européenne, au mois d’octobre dernier). Le différentiel est tel qu’il est de nature à rendre durablement la Chine banquier de la planète, ce qui ne serait pas sans conséquences pour notre vie quotidienne à tous. A celles et à ceux qui regrettent, avec raison, que la monnaie chinoise soit sous-évaluée risquent, demain plus encore qu’aujourd’hui, de prêcher dans un désert. En effet, on n’a jamais vu un pays disposant d’une devise forte, accepter de procéder sans rechigner à des réévaluations successives pour permettre à d’autres de pouvoir dégager à leur tour des excédents commerciaux et donc monétaires, diminuant ainsi ses propres ressources de devises !

              Si l’insolente croissance actuelle de l’économie chinoise n’est nullement certaine pour les dix à vingt prochaines années pour autant, chaque année passée représente autant de puissance et de progrès acquis et donc engrangé par elle. En outre, le marché intérieur chinois est considérable. Seulement en terme de population, le ratio s’inscrit de 1 à 3 entre l’Union Européenne et la Chine, idem avec les Etats Unis ! Plutôt que d’attendre une hypothétique baisse de régime de l’économie chinoise, il est absolument indispensable et urgent de se projeter dans la seconde moitié de ce siècle. Dans cette perspective et si le développement de sphère asiatique se confirme au cours des deux prochaines décennies, l’équilibre du monde aura alors basculé au profit de l’Extrême Orient. Non seulement les conséquences de cette profonde mutation seront considérables en termes économiques, financiers et commerciaux mais aussi et surtout au plan géostratégique. C’est sur ce dernier point que les transformations induites par ce changement se révèleront d’une nature bien spécifique. Les conséquences seront perceptibles en termes sociologique, culturel et philosophique. Même la sphère religieuse en sera affecté significativement.

              Depuis quelques années, la Chine s’est révélée être un acteur de poids au plan international. En terme de diplomatie, la Chine a joué récemment un rôle clé dans le résolution de la crise nord-coréenne en prise avec les Etats Unis. Son positionnement de plus en plus lisible sur le continent noir, constitue un indicateur très intéressant de ses ambitions politiques et économiques, dans cette partie du monde, jusque là chasse gardée des vieilles nations européennes, en particulier la France et le Royaume Uni. Le développement significatif des importations de matières premières en provenance du continent africain est un indicateur de ce que pourrait être demain, la présence future de la Chine dans cette partie du monde.

              A elle seule, l’absence de libération politique est un autre indicateur significatif de la manière dont les responsables politiques chinois accompagneront l’émergence de leur pays dans les principales organisations internationales. Il est peu probable que les chinois décident de demeurer des « nains » au plan international sur les questions à caractère diplomatique et politique, à l’instar de l’Allemagne et, davantage encore, de l’ex-RFA.

 

 

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 13 décembre 2007.