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La Lettre n°87 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°30/2008 -

Ete 2008 : été de tous les dangers sur le plan macro économique

              Les professionnels de la finance, tout comme les intervenants qui opèrent sur les marchés titres savent, par expérience, que la période estivale est assez souvent synonyme de nervosité sur ces mêmes marchés. Cela est notamment dû au fait que c’est une période de l’année où sont publiés les résultats semestriels des entreprises qui comptent dans l’environnement macro économique. La période des vacances ayant aussi comme conséquence d’éloigner nombre d’intervenants et d’investisseurs qui opèrent quotidiennement sur les marchés actions ces deux facteurs, conjugués l’un avec l’autre, sont de nature à entraîner des variations parfois brutales sur les valeurs.

              Si je n’ai aucune raison d’être particulièrement pessimiste cette année par rapport aux années précédentes en revanche, je reste convaincu que les marchés sont confrontés à trois facteurs majeurs qui, tant qu’ils ne seront pas dissipés ou traités, continueront à « parasiter » la marche de l’économie mondiale, par le biais d’interactions multiples et diverses au sein de chacune des économies, en particulier les principales d’entre elles : la zone dollar (Etats Unis et Canada) ; la zone euro (y compris la Grande Bretagne) et enfin la zone Yuan (Chine et pays « satellites »).

              Premier facteur synonyme d’une déstabilisation durable et profonde : l’augmentation du prix du pétrole et des denrées alimentaires, nécessaires à la satisfaction des besoins sans cesse croissants des habitants des pays émergents. Le déséquilibre que l’on observe depuis quelques mois sur le marché du pétrole en particulier et de celui de l’énergie en général, est alimenté tour à tour par le besoin vital pour ces mêmes pays émergents d’alimenter leur machine économique, mais aussi pour satisfaire un confort de vie croissant et légitime de la part de leurs habitants.

              Deuxième facteur significatif : la crise financière qui est née aux Etats Unis dans le courant de l’été dernier et qui s’est propagée dans le courant du 1er semestre 2008 au reste du monde, en particulier en Europe, principalement en Grande Bretagne et en Espagne. Il est acquis que tant que les marchés financiers considèreront que le nettoyage des écuries d’Augias n’a pas été fait par l’ensemble du système bancaire, ils demeureront méfiants avec leurs lots de soubresauts qu’il continueront à générer.

              Troisième facteur : la poussée inflationniste qui prévaut depuis le début de cette année et qui a été largement alimentée par la crise immobilière US. A l’heure actuelle, les principales banques centrales sont confrontées à ce qu’il est convenu d’appeler la quadrature du cercle : agir à la fois sur la pédale des taux d’intérêt et sur celle de la croissance, dans un contexte de concurrence (Fed et BCE). Pendant ce temps, les chinois continuent à disposer d’une monnaie notoirement sous évaluée, tout en souscrivant aux emprunts émis par Washington !

              Si l’on ajoute à cela le fait qu’en augmentant, le taux d’épargne des ménages entraîne une diminution de la consommation de ces mêmes ménages, en particulier en France, on a là un facteur supplémentaire qui ne milite pas en faveur d’un accroissement de la richesse produite.

              C’est à ces questions là et à quelques autres, que les principaux responsables internationaux continueront à être confrontés pour de nombreux  mois encore.

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 24 juillet 2008.