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La Lettre n°90 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°33/2008 -

Doit-on se réjouir de la baisse du prix du baril ?

             

              C’était il y a très exactement un mois, le 11 juillet dernier. Ce jour-là, le baril de pétrole venait d’atteindre son record historique : 147 dollars. Comme toujours en pareille circonstance, les cassandres mêlaient leurs voix aux prétendus spécialistes de toutes sortes, en nous demandant de nous préparer à voir un baril de pétrole à 150 voire 200 dollars à l’automne !

              Pour l’heure il n’en est rien et le baril de pétrole a clôturé aujourd’hui à moins de 115 dollars (113 dollars). Le différentiel est donc de 32 dollars et bien des raisons laissent à penser que ce mouvement ne va s’interrompre brutalement. Pour autant, dans ce domaine comme dans bien d’autres, il faut rester très prudent, tant le marché des matières premières et tout particulièrement celui du pétrole est très sensible à l’environnement politique et économique international. Toutefois, le fait que les responsables iraniens aient accepté d’aller s’asseoir à la table des négociations est un signe qui contribue clairement à diminuer la tension qui existe sur le marché du pétrole. Par ailleurs, les pays développés étant majoritairement situés dans l’hémisphère nord, la moindre demande en pétrole du fait de la saison estivale, est perceptible sur l’offre des pays producteurs. Enfin, la baisse de la demande de la part des consommateurs est tout à fait perceptible sur les marchés. En juin dernier, la consommation en France de l’essence sans plomb et du diesel ont diminué respectivement de -13,30% et de -6,40% et cette tendance a toutes les raisons de devoir se poursuivre au cours des prochaines semaines.

              Cependant, si l’on peut et l’on doit se réjouir de la baisse du prix du baril, il faut être conscient qu’elle cache quelque chose de plus conséquent pour nous tous : la baisse de l’activité économique mondiale. En se plaçant dans cette perspective, il est n’est pas à exclure que les principaux pays producteurs de pétrole décident d’utiliser l’arme du robinet pour stopper la baisse du prix du baril. Par ailleurs, si le ralentissement de l’activité mondiale se confirme d’ici à la fin de cette année, ce pourrait être une raison supplémentaire pour que les pays producteurs réduisent le robinet du pétrole.

              Enfin, les graves évènements qui se déroulent depuis quelques jours en Géorgie sont susceptibles de ne pas être neutres (le temps du règlement de cette crise) sur l’évolution du prix du pétrole, car il s’agit d’une importante région de passage de flux pétrolier dans le monde .

              Une fois de plus, la démonstration est faite que les variations de prix de certaines matières premières sensibles sont liées à des considérations politiques, économiques et financières. C’est pourquoi il faut rester prudent face aux projections hasardeuses qui sont faites par des personnes qui ont le tort de ne pas prendre tout le recul nécessaire sur des questions aussi difficiles à traiter, le pétrole en particulier.

 

 

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 11 août 2008.