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La Lettre n°92 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°39/2008 -

Crise financière en septembre 2008 : Etat des lieux

 

              Au cours du mois de juillet de l’année dernière, comme c’est très souvent le cas en période estivale, les marchés financiers ont été brutalement et violemment malmenés. Tous les indices ont été d’autant affectés, que c’est une des périodes de l’année où le nombre des intervenants sur les marchés est réduit. Très vite, le monde a appris que cette importante baisse des indices avaient un nom, « les subprime » et une origine, les Etats Unis.

              A ce moment-là, hormis sa traduction dans un dictionnaire, le grand public ne savait pas ce que signifiait le mot subprime! Mais très vite et au fur et à mesure que la crise a pris de l’ampleur, de plus en plus de personnes, dont des professionnels des questions financières et immobilières, ont compris qu’il ne s’agissait pas d’une crise passagère comme les marchés ont l’habitude d’en générer, mais d’une crise qui risquait de s’inscrire durablement dans le paysage économique et financier international. La reprise des marchés à laquelle on a assisté au cours du quatrième trimestre a quelque peu « adouci » les variations violentes qu’avaient connu les marchés au cours de l’été. Mais le répit ne fût que de courte durée. Au cours des mois de janvier et de février 2008 les marchés européens, en perdant près de quinze point d’indice, ont perdu près du double que les marchés outre-atlantique.

              Quatorze mois plus tard, la crise a atteint un degré de gravité que personne n’aurait jamais imaginé alors. Elle est aujourd’hui au moins de la même intensité que celle de 1929, en espérant toutefois qu’elle n’en aura pas la même ampleur. En l’espace de quelques jours, des banques qui ont pour nom Lehman Brothers, Merrill Lynch, JP Morgan, des caisses d’épargne ainsi que le premier assureur mondial AIG ont été déclarés en faillite ou ont été nationalisés par le Trésor américain ! Cette situation était tout à fait inimaginable lorsque est née la crise immobilière au mois de juillet 2007.

              En l’espace de quatorze mois, nous sommes passés d’une crise immobilière qui concernait essentiellement des ménages américains de condition modeste, à une crise financière qui aujourd’hui a atteint tous les pays et qui, si les autorités politiques et monétaires internationales ne parviennent pas à la solutionner, pourrait conduire à la plus grande crise financière qu’ait connu le monde.

              Quelle que soit l’issue de la crise actuelle, il est non seulement probable mais souhaitable que de nouvelles règles soient adoptées. Le monde qui prévaut en ce début du 3ème millénaire est l’embryon du monde nouveau qui caractérisera les décennies et les siècles avenir. C’est la raison pour laquelle des règles financières internationales nouvelles doivent désormais se substituer à celles qui ont été adoptées à Bretton Woods, au lendemain de la seconde guerre mondiale. Il en va de même pour les règles de fonctionnement des institutions nationales et internationales, notamment.

              Les conséquences qui pourraient découler de la crise financière actuelle sont suffisamment graves pour souhaiter que les principaux responsables politiques de la planète parviennent à poser rapidement un juste diagnostic des causes et des conséquences de la crise financière qui prévaut depuis maintenant plusieurs mois. Dans l’hypothèse où la crise actuelle perdurerait, nul doute que la mondialisation en amplifierait les conséquences. La crise revêtirait alors une toute autre ampleur aux conséquences difficilement prévisibles.

 

 

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 25 septembre 2008.