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La Lettre n°93 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°41/2008 -

L'émergence d'un monde nouveau

             

              Depuis quelques semaines et davantage encore depuis quelques jours, la crise financière qui affecte l’ensemble des économies mondiales est sans précédent. La plupart des intervenants font référence à celle de 1929, celle-là même qui conduisit à la seconde guerre mondiale.

              Aujourd’hui, les conséquences de la crise me paraissent s’inscrire dans un schéma qui est d’une toute autre nature que celui qui a prévalu en 1929. Un certain nombre d’évènements qui se sont produits depuis la fin de la seconde moitié du 20ème siècle sont l’expression d’un changement profond et irréversible : l’émergence d’un monde nouveau (a). Depuis ses origines, l’humanité a connu quatre grandes périodes :

-          la Préhistoire ;

-          l’Antiquité ;

-          le Moyen Age ;

-          l’époque Moderne et Contemporaine.

              Le fait que l’humanité n’ait connu que quatre grands « Ages » explique, pour partie, la difficulté qu’éprouvent la plupart de nos contemporains à reconnaître qu’ils ont commencé à écrire, depuis quelques décennies maintenant, une nouvelle page sur le grand Livre d’histoire de l’Humanité. Un certain nombre d’évènements qui se sont déroulés depuis la fin de la seconde guerre mondiale, sont de nature à contribuer à l’émergence d’une nouvelle grande période qui s’étendra sur plusieurs siècles : la fin des grands empires avec la décolonisation (Royaume Uni, France, Portugal…) ; les mouvements sociaux à la fin des années 60 ; les chocs pétroliers ; la chute de l’empire soviétique ; l’émergence de nouveaux moyens de communication ; les attentats du 11 septembre 2001 ; la question de l’environnement ; la mondialisation et l’intensification des flux migratoires ; l’émergence ou le retour du fait religieux ; les nationalismes ; les attentats du 11 septembre 2001 ; la crise financière internationale.

              Comparer la crise actuelle à celle de 1929 me paraît difficile pour bien des raisons : l’ouverture des frontières et la circulation des capitaux qui prévalent aujourd’hui ; le poids des liquidités existantes ; des structures financières qui n’existaient pas en 1929 (FMI, Banque Mondiale, BCE...) ; une implication et une réactivité bien plus importantes des exécutifs, notamment.

              Les premiers signes des problèmes financiers actuels sont apparus à la fin du mois de juillet 2007, quand est apparue la crise liée à certains crédits immobiliers aux Etats Unis. Nombreux ont été les responsables politiques et financiers à considérer qu’il s’agissait là d’une crise limitée dans l’espace et probablement aussi dans le temps. La chute des marchés financiers qui s’est produite au début de cette année leur a donné tort.

              Lorsque la confiance sur les marchés reviendra, elle mettra un certain à s’installer durablement dans le paysage financier international. En outre, les conséquences qu’est entrain de provoquer la crise actuelle sur le fonctionnement de l’économie réelle ne seront pas lisibles avant le courant de l’année 2009, notamment au moment de la publication des résultats des entreprises. Je pense en particulier à l’application des normes IFRS.

              Quelles que soient les conséquences futures de la crise financière qui affecte aujourd’hui l’ensemble des pays du monde, un certain nombre de réformes devront être impérativement adoptées par les responsables politiques des principales puissances, qu’il s’agisse de réformes internes propres à chaque pays, mais aussi et surtout au plan mondial. Je pense en particulier à la réunion d’un nouveau Bretton Woods. Cette réforme des institutions devra aussi aborder la question récurrente des agences de notations qui influent directement et en toute impunité sur les cours de bourse des sociétés cotées. Gageons que sagesse et constance des dirigeants prévaudra.

 

(a) France : une ambition pour un monde nouveau.

 

 

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 8 octobre 2008.