La Lettre n°95 de Jean-Pierre
Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°42/2008 -
L'Europe économique conditionnera l'émergence de l'Europe politique
Le Traité de Rome du 25 mars 1957 qui donna naissance à
Les raisons qui expliquent cette dynamique sont diverses et variées :
l’évolution géopolitique du monde ; l’accroissement du nombre de pays
membres (6 en 1957, 25 en 2008) ; la signature d’autres Traités
(Maastricht, Nice, Lisbonne…) ; la création de
La grave crise financière à laquelle le monde est désormais en proie
agit comme un accélérateur sur le changement de monde dans lequel nous
sommes entrés (a). A certains égards, cette même crise financière qui
demain sera suivie par une crise économique et peut être sociale va
amplifier la réflexion commune en vue de l’adoption de règles de
fonctionnement internationales nouvelles. La réunion des pays membres du
G20 qui doit avoir lieu à Washington le 15 novembre prochain, en est une
parfaite illustration. La réunion qui se déroule actuellement à Pékin
entre les représentants de l’Europe et ceux des pays membres de l’ASEAN
constitue une preuve supplémentaire que le politique a un temps de
retard sur les sphères économiques et financières et qu’il doit agir
pour le combler.
Les raisons de ce « décrochage » dans la construction politique de
l’Europe sont nombreuses. Le manque d’ambition commune en est une parmi
beaucoup d’autres. Il est bien évident qu’il est toujours plus facile de
s’entendre à six qu’à vingt cinq. Certaines des dispositions qui sont
contenues dans le Traité de Nice sont loin d’être synonymes d’efficacité
en terme de fonctionnement des institutions européennes : réduction du
nombre de commissaires et règle de l’unanimité pour un certain nombre de
décisions. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que l’économique et le
financier évoluent sur un chemin distinct de celui du politique. Or, le
fait que le traitement de la grave crise économique et financière que
traverse le monde actuellement soit assuré par les différents
responsables politique est là pour nous rappeler que ce sont les
exécutifs qui ont la capacité d’intervenir dans le fonctionnement de
l’ordre mondial, encore faut-il qu’ils en aient la volonté. Mais cela
est une autre question.
Gageons que les
responsables politiques européens auront à cœur de montrer, à l’occasion
de la crise qui prévaut aujourd’hui, non seulement leur compétence dans
son traitement mais aussi et surtout leur ambition et leur volonté de
reprendre la main.
(a) « France :
une ambition pour un monde nouveau ». Ouvrage de l’auteur. Paru
aux Editions
Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.
Achevée le 24 octobre 2008.