La Lettre n°96 de Jean-Pierre
Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°46/2008 -
La réunion des pays membres du G20 à Washington :
patience persévérance et volonté
La réunion dite du G20 qui s’est déroulée hier à Washington est non
seulement inédite mais elle présente plusieurs caractéristiques.
C’est la première fois tout d’abord qu’un tel rassemblement a lieu en
présence des représentants des 20 premières puissances économiques du
monde : les pays membres du G8 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Grande
Bretagne, France, Italie, Canada et Russie), de grandes puissances
émergentes (Argentine, Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Brésil), le
Moyen orient et la péninsule arabique (Turquie, Arabie Saoudite),
l’Afrique (Afrique du Sud), enfin l’Australie, les Pays Bas et
l’Espagne. Enfin, outre la diversité des nations participantes, les cinq
continents étaient présents autour de la table des discussions.
Si on ne doit pas attendre de résultat immédiat sur l’évolution de
la crise financière qui affecte le monde depuis la fin de l ‘été
dernier, tant en raison de sa gravité que de sa profondeur, on peut
penser qu’un certain nombre de résolutions concrètes seront adoptées au
cours des prochains mois, à condition toutefois qu’émerge une réelle
volonté de trouver les solutions pérennes, de nature à traiter
efficacement cette crise. C’est la nature et la profondeur de la crise
elle-même qui impose des délais nécessairement longs, entre le moment où
les décisions sont adoptées et celui où elles deviennent lisibles au
quotidien par le plus grand nombre.
Les responsables politiques comme le reste de la population devront,
l’un et l’autre, faire preuve à la fois de patience s’agissant du
règlement définitif de cette crise économique et financière, de
persévérance et de volonté dans la poursuite de la réflexion et
l’adoption de solutions communes qui permettront sa résolution par les
différents responsables politiques, si tant est que cette perspective
soit raisonnable, s’agissant d’une question de cette nature.
La mondialisation engendre de nombreuses conséquences perceptibles dans
la vie quotidienne de chacun d’entre nous. La grave crise financière à
laquelle nous sommes confrontés ne trouvera de solution pérenne que dans
la concertation et la mise en œuvre des synergies.
Enfin, réunir autour d’une même table les représentants de 20 nations,
constitue un précédent. Il entraînera inéluctablement de très nombreuses
conséquences, en particulier en terme de politique extérieure. On ne
discute pas à 20 comme à 5 (Membres permanents du Conseil de Sécurité de
l’ONU) ou à 8 (Membres du G8).
Cette rencontre inédite est une expression supplémentaire du changement
de monde dans lequel l’humanité toute entière est entrée depuis le
dernier quart du 20ème siècle.
Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.
Achevée le 16 novembre 2008.