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La Lettre n°98 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°48/2008 -

L'assurance vie face à la crise

 

              L’assurance vie est toujours très réactive à la nature de l’environnement politique, économique et financier et ce quelle qu’en soit l’époque. Cette situation nous montre à la fois le degré d’implication de la sphère assurance dans le monde réel et les conséquences de son implication dans le fonctionnement de l’économie mondiale.

              Il est vraisemblable que l’acuité de la crise qui fait la une de l’actualité économique et financière depuis la fin du mois de juillet 2007, sera de nature à requalifier le rôle fondamental qui doit être celui de l’assurance vie, rôle qui a beaucoup évolué depuis plusieurs années. Très souvent l’assurance vie est synonyme de placement à caractère financier. Que ce dernier fasse partie intégrante des différentes opportunités de placement qu’offrent les sociétés d’assurance, s’inscrit dans l’évolution normale du marché aux particuliers. Toutefois, il me paraît que la crise actuelle est susceptible d’asseoir davantage les sociétés d’assurance dans leur mission de base : l’assurance vie en cas de vie.

              Aux côtés de l’assurance dommages, l’assurance vie présente deux grandes caractéristiques : l’assurance vie en cas de vie et l’assurance vie en cas de décès. Trop souvent, la plupart des personnes confondent et ne font pas la distinction entre ces deux dimensions de l’assurance vie. Il en va de même pour les étudiants qui suivent des études supérieures en assurance (BTS,licence…) : eux non plus ne savent pas toujours faire la différence entre ces deux aspects.

              Qu’est ce que l’assurance vie en cas de vie et l’assurance vie en cas de décès ?

              L’assurance vie en cas de vie est un contrat d’assurance sur lequel un souscripteur effectue un versement unique et ou des versements périodiques ou aléatoires. Il utilisera ce capital au terme d’une période d’épargne que le souscripteur sera seul à déterminer. Le plus souvent le capital est utilisé soit comme complément de revenu, soit destiné à aider une ou plusieurs personnes de son entourage (aide aux études supérieures ou à l’installation d’un ou de plusieurs enfants, par exemple).

             L’assurance vie en cas de décès est un contrat d’assurance sur lequel un souscripteur effectue lui aussi soit un versement unique et ou des versements périodiques ou aléatoires. A la différence du cas précédent, le capital ainsi constitué sera utilisé au décès du souscripteur par ses héritiers (conjoint, enfants, ascendants…). Rappelons que le capital constitué reste disponible, qu’il s’agisse d’un contrat d’assurance vie en cas de vie ou d’assurance vie en cas de décès.

              Pourquoi évoquer l’assurance vie dans un contexte de crise ? Parce que c’est une période au cours de laquelle un certain nombre de personnes découvrent ou découvriront au début de l’année 2009, qu’elles ont perdu un part, plus ou moins significative de leur capital, du fait qu’une partie de ce dernier avait été libellée en unité de compte(uc). Certes, il est normal de faire vivre un contrat d’assurance, que ce soit dans une perspective de vie ou de décès. Mais chaque souscripteur d’un contrat de capitalisation doit déterminer son objectif de placement à terme avec beaucoup de précautions : soit le capital constitué sera utilisé en cas de vie, soit il le sera en cas de décès. Si, dans le premier cas, les effets de la crise sont  le plus souvent « lissés » sur une période de 15 à 25 ans en revanche, le second cas les conséquences d’une crise financière peuvent se révéler catastrophiques, dans l’hypothèse où les fonds sont libellés partiellement en unités de compte, en lieu et place de fonds libellés en euros.

              La crise financière qui est née aux Etats Unis à la fin du mois de juillet 2007 pour des questions de financements immobiliers s’exprime à présent dans bien des domaines : l’assurance vie est un de ceux-là. Gageons que la prudence et la clairvoyance, alliées à un conseil personnalisé, permettront de  « repositionner » à la fois les offres des sociétés d’assurance et les attentes des détenteurs de contrats d’assurance vie.

 

 

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 27 novembre 2008.