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La Lettre n°99 de Jean-Pierre Monteil Finances et Gestion
- Semaine n°49/2008 -

Crise du système bancaire Français :
l'indispensable présence de l'état au sein des exécutifs

 

              La grave crise financière internationale que traversent l’ensemble des économies de la planète se caractérise de différentes manières. Elle a conduit les exécutifs à être très réactifs, en intervenant rapidement et avec des moyens significatifs. La gravité de la situation est telle qu’il faut remonter à l’automne 1929 pour trouver une crise de la sphère financière et de l’économie réelle de cette importance. Cependant, la comparaison s’arrête là car les environnements politiques, économiques et financiers ne sont absolument pas semblables à ceux auxquels le monde a été confronté au cours de cette période. Il n’est que de se souvenir que le « new deal » a été présenté par le Président F.D Roosevelt en 1933, c’est à dire quatre ans après la chute de Wall Street ! Aujourd’hui, tout le monde espère bien que d’ici à l’année 2012, non seulement la crise financière et ses conséquences induites sur l’économie réelle seront surmontées mais que l’économie mondiale, dans son ensemble, aura retrouvé un rythme de croissance « satisfaisant » pour tous.

              Un des aspects les plus visible de la crise actuelle par le plus grand nombre, c’est sans conteste les différents plans d’aide financière que l’ensemble des exécutifs nationaux ont accordé chacun à leur système bancaire intérieur. Pour la France, c’est une enveloppe de 300 milliards d’euros qui a été constituée sous forme de prêts consentis aux banques qui en feront la demande. Ces prêts sont rémunérés au taux de 8% et ont reçus l’aval des autorités européennes.

              A la différence des autorités britanniques qui ont lié l’aide financière qu’elles accordent aux banques à un regard sur l’emploi des fonds qu’elles recevront de l’Etat, les responsables politiques français ont choisi de ne pas être présents dans les exécutifs des banques qui solliciteront et qui obtiendront l’aide financière de l’Etat. Il s’agit là d’une erreur car, en adoptant cette posture, la puissance publique se prive d’un important poste d’observation. Cette prise de position paraît d’autant plus surprenante que l’environnement social étant susceptible de se dégrader au cours des prochains mois, le fait que l’Etat soit présent au sein des exécutifs des organismes financiers constituait une sorte de gage de la « bonne utilisation » des fonds publics par des personnes morales privées.

              Notre modeste analyse serait invalidée dans l’hypothèse, hautement improbable, où l’économie mondiale connaîtrait une croissance « satisfaisante » au cours de l’année 2009… ce qui est, aujourd’hui, un scénario totalement écarté.

 

Jean-Pierre Monteil
Directeur de JPMFG.

Achevée le 05 décembre 2008.